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Les quais de bus mis aux normes accessibilité

le 3 novembre 2016

La Ville adapte ses quais de bus afin de faciliter la vie des personnes à mobilité réduite. Des travaux qui s’échelonnent sur plusieurs années. Reportage.

Prendre les transports en commun lorsqu’on est une Personne à mobilité réduite (PMR), ce n’est pas évident. Depuis plusieurs années, la Ville redouble d’efforts afin de mettre les quais de bus aux normes d’accessibilité.

Ces travaux consistent à mettre en adéquation la hauteur des bordures de quai avec la hauteur du bus. Autrement dit, pour éviter toute marche qui risquerait d’engendrer une chute ou des difficultés d’accès et pour que la rampe d’accès pour les PMR soit correctement positionnée. La pente maximale de la rampe ne doit pas dépasser 10 %. « Concrètement, on passe à une hauteur de quai de 18 cm, alors que nous étions entre 8 et 14 cm.  » explique Béatrice Dumetz, responsable de la voirie. À cela, s’ajoutent d’autres contraintes : la longueur du quai doit être supérieure à 15 m, la pente du trottoir doit être inférieure à 2 % ou encore la distance entre l’abribus et la bordure du trottoir doit être de 120 cm au minimum.

Retour sur les travaux réalisés

En 2007, lors de la création de la ligne 30 39, l’arrêt Plante aux Flamands (également desservi par la ligne 30-13) a été le premier à devenir accessible. Lorsque la rue de Paris a été réaménagée en 2012 et la rue de l’Église en 2014, la Municipalité en a profité pour rehausser l’arrêt de l’Église/Marché de Saint-Brice, utilisé par les usagers des lignes 370 de la RATP et 30 13 de Cars Lacroix. Mais c’est véritablement l’année dernière que les services Techniques ont lancé les grands travaux dans ce domaine. En effet, l’arrêt Le Village, situé rue de Piscop, est devenu accessible, tout comme les arrêts Hameau du Moulin/Clos des Charmilles et Mothe Hugo dans la rue des Deux Piliers. « Un chauffeur de bus nous avait signalé qu’une enfant handicapée prenait le bus à l’un de ces arrêts. » précise Béatrice Dumetz. Nous répondons en fonction des besoins et des priorités des usagers ».

Cette année, les travaux se sont portés sur la rue de Paris (les deux quais de l’arrêt Boulevard de la Gare des lignes 30-13 et 370), le boulevard de la Gare (un quai de l’arrêt Rue de la Marlière des lignes 370 et 95-02) et le rond-point de la gare (deux quais de l’arrêt Gare de Sarcelles Saint-Brice desservis par les lignes 370, 95-02 et 30-13).

D’autres arrêts ont juste été rehaussés ces dernières années mais ils ne seront jamais considérés aux normes PMR. Béatrice Dumetz déplore : « Il n’est pas toujours possible de remplir tous les critères demandés par le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF).  »

C’est un travail de longue haleine car il faut compter, en moyenne, 10 000 euros par quai. Les travaux se font souvent en fonction des orientations des aménagements de voirie. En effet, la Ville réfléchi à l’ensemble de la chaîne de déplacement. Ainsi, les trottoirs sont également mis aux normes dans la mesure du possible en  même temps que les quais de bus, et vice versa. Toutefois, certains trottoirs resteront inaccessibles. « Aux Rougemonts, le dénivelé de la rue est bien trop important.  » souligne Béatrice Dumetz.

Une flotte de bus adaptée

Du côté des trois transporteurs qui desservent notre ville – Ratp, Kéolis Cif et Cars Lacroix, les bus des lignes 30-13 et 30-39 de ce dernier sont aux normes accessibles depuis plus de dix ans. Chaque bus dispose d’une seule place PMR car, en cas d’incident, le conducteur doit pouvoir évacuer les usagers en trente secondes. Le plancher bas des bus* arrive à hauteur d’un quai PMR. De plus, ils sont équipés d’une trappe (capable de supporter 300 kilos) que le conducteur dépose manuellement sur le trottoir. « Nous avons fait le choix d’une trappe manuelle pour deux raisons. La première est que le moindre choc (contre un dos d’âne, par exemple) contre le capteur d’une trappe électrique entraînerait un dysfonctionnement du véhicule et de la trappe . La deuxième est que le chauffeur peut accompagner la personne si la pente de la trappe est trop importante lorsque le quai n’est pas aux normes. » argumente le transporteur. Avec un quai de bus adapté, tout risque de basculement en arrière est évité pour une personne en fauteuil roulant.

Des chauffeurs de bus formés

Il n’est pas rare de voir des automobilistes peu scrupuleux garés sur des arrêts de bus. Avec le rehaussement des quais, ils rencontreront plus de difficultés, ce qui facilitera le quotidien des chauffeurs de bus. Ces derniers suivent une formation continue obligatoire où le thème de l’accessibilité est abordé. Ils sont mis en situation pour expérimenter les différents types de handicap. Ils vont essayer, par exemple, de monter dans un bus avec les yeux bandés.

Didier Le Gouellec, chauffeur de la ligne 30 39 depuis cinq ans : « La première chose qu’on fait lorsqu’on a un nouveau véhicule, c’est de voir le fonctionnement de la trappe. Celle-ci est la plus simple et la plus rapide à utiliser.  J’ai dû m’en servir deux ou trois fois pour une personne en fauteuil roulant électrique.  »

« Sur un quai non adapté, on peut jongler avec les suspensions pour rabaisser le côté pour faciliter l’accès. Avec un quai aux normes, c’est beaucoup plus simple pour les mamans avec des poussettes, les personnes âgées ou celles avec des béquilles qui ont dû mal à se déplacer. » conclut-il.

* Cars Lacroix est le 1er réseau en Île-de-France équipé dans sa totalité de véhicules à planchers surbaissés.

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