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Un centenaire à Saint-Brice

le 2 août 2016

Marcel Lequesne a fêté ses 100 ans mardi 2 août auprès de sa famille et de ses proches. C’est non sans émotion que des élus du conseil municipal lui ont souhaité un bon anniversaire.

Vous l’avez peut-être déjà croisé dans la rue, en train de marcher avec son déambulateur. Chaque jour, Marcel  Lequesne va déjeuner à la Résidence pour personnes âgées Charles de Foucauld (RPA). Un moment convivial qu’il apprécie particulièrement.  Ce mardi 2 août, c’est avec un enthousiasme remarquable que cet habitant de la résidence La Cerisaie depuis une dizaine d’années s’y est rendu pour y souffler ses cent bougies.

Pour honorer cet événement exceptionnel, William Degryse, premier adjoint au maire, et Chantal Nedellec, adjointe au maire déléguée aux personnes âgées, lui ont remis la médaille de la ville, un bouquet de fleurs ainsi qu’un livre sur l’histoire de Saint-Brice dédicacé par Alain Lorand, actuellement en congés.

Son fils, Joël, était présent, tout comme Véronique Magnier, l’une de ses aides à domicile, Gisèle Pellin, la responsable du service maintien à domicile du centre communal d'action sociale, et le personnel de la RPA. Parmi le personnel justement, certains nous racontent que ce grand-père de deux petits enfants est très ouvert d’esprit et jeune dans sa tête. « Il a toujours le mot pour rire  » ajoute une auxiliaire de vie.

Sa recette pour garder la forme : l'humour, l’ironie

Lorsqu’on lui demande sa recette pour devenir centenaire, il nous répond, avec un œil taquin : « Peut-être l’ironie ! Ne pas prendre les choses au sérieux. Vous savez, j’ai fumé, j’ai bu et continue encore de boire mon petit verre de vin à table. Quand je travaillais, je ne dépassais pas deux verres d’apéritif et deux paquets de cigarettes par jour… Il faut garder une certaine mesure, quand même ! »

Emprisonné pendant des mois

Né à Rueil-Malmaison, Marcel Lequesne est issu d’une famille de maraîchers depuis plusieurs générations. Il n’était pas le genre d’élève très assidu aux cours… Lorsque l’école s’est terminée, il s’est alors engagé volontairement dans l’armée en 1936. Il rencontrera Elisabeth, une jeune juive hongroise qui deviendra sa femme en 1939 et la mère de son fils en 1948. À l’arrivée des troupes allemandes en France, le couple fuira vers l’Espagne avec de faux papiers. Ils traverseront les Pyrénées mais ils se feront arrêtés par la police espagnole qui les conduira à Barcelone dans des prisons différentes. Figuéras pour Elisabeth, Miranda del Ebro, pour Marcel. Cette séparation, très dure à vivre, les marquera éternellement. Ils resteront en captivité plusieurs mois. Grâce à l’intervention d’une infirmière de la Croix-Rouge, Elisabeth réussira à sortir. Marcel Lequesne, quant à lui, fut rapatrié en France (sur ordre de Pétain) et condamné à deux ans de détention à la prison d’Eysses (célèbre aussi pour sa révolte de prisonniers avec 900 morts). Finalement, il sera envoyé en Allemagne. Il deviendra responsable d’un groupe de français qui s'enfuira pour regagner les troupes américaines à 60 km de leur position. La guerre se terminera là pour lui…

Un passionné de violon

Il a exercé de multiples métiers dans sa vie : rédacteur à la Compagnie des Eaux, marchand de légumes, directeur de superette puis de supermarché, pour finir comme chef du personnel de la blanchisserie industrielle de Grenelle.

Il a été également violoniste. En effet, Marcel Lequesne a été marqué, lors de sa tendre enfance, par sa rencontre avec deux grands peintres, Maurice de Vlaminck et William Clochard. Ce dernier lui enseigna le violon, instrument qui lui a « facilité la vie » lors de la guerre. Il est aussi l’auteur d’un recueil de nouvelles, L’air des forêts .

Marcel Lequesne vit seul aujourd’hui. Son épouse est décédée il y a un peu plus d’un an : « C’était une femme exceptionnelle mais qui a beaucoup souffert lorsqu’elle a été emprisonnée. Il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne pense à elle. Elle est toujours là, en quelque sorte. »

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