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Fabrice Costantinis, un artiste marqué par la guerre

le 18 octobre 2017

L’artiste Saint-Bricien exposera ses œuvres du 14 au 28 novembre au centre culturel Lionel Terray. Portrait d’un homme à part.

Petit, il adorait peindre les murs de la maison, dans le Frioul, au nord de l’Italie. « Ma mère me surnommait Mon petit Picasso  » se souvient Fabrice Costantinis. En 1948, lorsqu’il est seulement âgé de dix ans, son père, maçon, part reconstruire la ville de Saint-Lô dans la Manche, qui avait été beaucoup bombardée durant la seconde guerre mondiale. « Il rentrait nous voir en Italie seulement en novembre et décembre. Cela a duré huit ans. » raconte-t-il. À dix-huit ans, en 1956, avec son diplôme de chef de chantier en poche, Fabrice Costantinis va le rejoindre pour travailler sur les chantiers mais cette fois à Paris et à la Plaine Saint-Denis.

Fabrice Costantinis (Agrandir l'image). Fabrice Costantinis

Rapidement, cet autodidacte, qui fourmille d’idées, expose ses œuvres pour la première fois au Musée d’Art juif à Paris grâce au centre communautaire juif. Cela n’aurait rien d’étonnant s’il était juif, mais ce n’est pas son cas. « J’ai été marqué dans ma jeunesse par le destin d’un de mes oncles, jeune résistant de vingt ans, qui fut fusillé. Témoin de la détresse de ma famille et de la barbarie nazie, j’éprouve un intérêt particulier pour l’histoire juive.  » explique Fabrice Costantinis, qui se déclare philosémite. Sa mère les rejoint en 1958. « Parlant de mieux en mieux français, l’ascenseur social s’est mis en route : son patron le recrute à son bureau d’études. Et cela a duré quarante ans. » Il se marie en 1961 et devient papa de trois filles qui lui donneront six petits-enfants.

Parallèlement, inspiré par Kandinsky, Mondrian, Pollock, Chagall ou encore Dali, il peint, dessine, écrit et chine dans les brocantes toutes sortes d’objets pour les détourner. Il expose un peu partout en région parisienne.

En 1971, il s’installe à Saint-Brice-sous-Forêt où il rencontre les artistes locaux : Gilles Tournemine, Elisabeth Guiot, Raymond Grare ou encore Paul Kerouedan et devient président de l’Union des artistes de Saint-Brice. « J’ai porté sur mes épaules les expositions artistiques et artisanales de Saint-Brice de 1975 à 1995 » se remémore-t-il. « Après l’association Arts Saint-Brice a repris le flambeau et présente chaque année son exposition au printemps.  »

Un artiste engagé

En 1988, Fabrice Costantinis se retrouve mêlé à un imbroglio politique. En effet, il présente sa toute première exposition personnelle sur la commune. Or, Jacques Fosse, président à l’époque de l’association Les amis du vieux Saint-Brice, fervent opposant au projet de construction de Continent, a reproché à la mairie de communiquer davantage sur l’exposition artistique que sur le projet Continent. « Moi, je n’avais pas de parti pris. exprime l’artiste. J’ai alors créé un tableau en collant des articles de presse de l’époque qui traitaient de l’affaire et j’ai dessiné des visages représentant les pour et les contre ce projet. Cela n’a pas beaucoup plu à Jacques Fosse…  Après toute cette histoire, finalement, tout le monde était content d’aller à Continent pour faire ses courses. Y compris Jacques Fosse ».

Klaus Barbie (Agrandir l'image). L’œuvre « Klaus Barbie » a été présentée lors de l'exposition de Fabrice Costantinis en 2007 au centre culturel Lionel Terray.

Ce n’est que vingt ans plus tard, en 2007, que Fabrice Costantinis organisera sa deuxième exposition personnelle, certainement refroidi par sa première aventure. Il y dévoile notamment un tableau où des poupées Barbie jonchent le sol, dans la boue, entourées de fil barbelé. Une œuvre faisant écho aux vingt ans du procès de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon.

Des œuvres qui ne vous laisseront pas indifférents

Cette année, cette troisième exposition personnelle de l’artiste, est l’occasion rêvée pour les Saint-Briciens de découvrir ce touche à tout. Ses œuvres, inclassables et surprenantes, ne vous laisseront pas indifférents.

Le public, qui l’a certainement déjà aperçu à vélo ou en train de se promener avec sa femme, main dans la main, amoureux comme au premier jour, pourra découvrir une cinquantaine de ses œuvres : des peintures abstraites, figuratives, modernes, classiques mais aussi des collages et de l’art brut.

Dualité (Agrandir l'image). L’œuvre « Dualité », tout comme une cinquantaine d’autres, sera exposée du 14 au 28 novembre au centre culturel Lionel Terray.

« Je vais présenter, par exemple, une madone conçue avec du grillage à poule, un tableau avec des coquillages couteaux. Il y aura aussi deux tableaux féminins, l’un avec un soutien-gorge et un autre avec un slip que j’ai dénichés dans les encombrants de la ville.  » confie l’artiste. Et lorsqu’on lui demande comment il travaille, il lâche : « Une dizaine d’heures me suffit pour concevoir une œuvre. Du moment que le message est là, inutile de fignoler  ».

Exposition pétillante des œuvres de Fabrice Costantinis
Du 14 au 28 novembre, centre culturel et sportif Lionel Terray
12 rue Pasteur 95350 Saint-Brice-sous-Forêt
Rens. au 01 39 33 01 90

1938 Naissance à Milan
1956 Part en France rejoindre son père
1971 S’installe à Saint-Brice-sous-Forêt
1975-1995 Président de l’Union des artistes de Saint-Brice
1988 Première exposition personnelle

Géolocalisation

Latitude : 48.9989633 Longitude : 2.359222700000032 Adresse : 12 rue Pasteur 95350 Saint-Brice-sous-Forêt

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