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Journée de la Femme : Clotilde Boulanger, 29 ans, sportive

le 2 mars 2017

Clotilde Boulanger, championne multimédaillée en karaté, donne des cours dans un club de Saint-Brice. Portrait.

Elle pratique le karaté depuis ses sept ans. « Mon rêve était de faire partie de l’équipe de France » se souvient Clotilde Boulanger. Le rêve s’est finalement concrétisé entre 2004 à 2014. Du haut de ses 1 m 57, elle a remporté de nombreuses médailles, avec son équipe, en kata synchronisé, une sorte de danse représentant un combat contre plusieurs assaillants. Et pas des moindres : championne d’Europe en 2006 et 2012, vice-championne du monde en 2008 et troisième aux championnats du monde en 2005, 2007 et 2012. En 2014, elle a décidé d’arrêter sa carrière d’athlète de haut niveau pour se consacrer à l’enseignement du karaté. « Je voyageais tout le temps. Je passais ma vie à m’entraîner. J’ai simplement eu l’envie de me poser ».

C’est à Saint-Brice, au Tsuki Karaté Club , que ce petit gabarit a choisi de s’installer (elle a rejoint son compagnon, Mohsan Shokat, professeur au sein du club) pour transmettre son expérience aux plus jeunes karatékas : « Certains ont du potentiel et sont vraiment impliqués. J’espère qu’ils pourront atteindre le haut niveau, au sein de l’équipe de France, d’autant plus que notre discipline sera pour la première fois présentée aux Jeux Olympiques en 2020, à Tokyo ». Clotilde Boulanger connaît l’importance qu’un professeur peut avoir sur une carrière : « Dans mon club d’origine, en Seine et Marne, j’ai été l’élève de Jean-Pierre Gavoille. Julien Dupont l’était aussi et a fini membre de l’équipe nationale, champion de France et champion du monde. L’entourage est déterminant pour réussir. » Mais cela ne suffit pas. Pour en arriver là où elle en est, il a fallu travailler dur, à raison de 15 h par semaine. Enfin, l’humilité compte beaucoup : « pour progresser, savoir écouter les critiques, même si elles sont dures à entendre, m’a aidé ».
Pour Clotilde Boulanger, le plus difficile était, en réalité, d’allier sa vie professionnelle et sa vie d’athlète amateur. Pendant les études, elle pouvait se libérer facilement pour aller aux entraînements et aux championnats. Pour autant, une fois qu’elle est entrée dans la vie active, tout est devenu plus compliqué. « Je prenais souvent des congés sans solde. C’est aussi en partie pour cela que j’ai mis un terme à ma carrière. Même si on perçoit des primes à la performance, je voulais juste gagner ma vie ».

Seulement 35 % de femmes pratiquent cet art martial

Désormais, elle donne aussi des cours de body karaté : « C’est un cours de fitness en musique où on vous initie aux techniques du karaté ». Ce concept a été lancé par la Fédération française de karaté afin d’attirer plus de femmes à pratiquer ce sport. En effet, seulement 35 % de femmes pratiquent cet art martial sur un total de près de 200 000 licenciés. Même si ce chiffre progresse d’année en année. « Dans l’imaginaire collectif, ce sport – comme n’importe quel art martial - véhicule plutôt des valeurs de force et de combat. On utilise des techniques de touche et de défense qui peuvent faire peur. Pour autant, au sein de l’équipe de France, les meilleurs résultats sont obtenus par des athlètes féminines. Je peux citer, par exemple, Alexandra Recchia qui a été cinq fois championne du monde en combat. Des parcours comme le sien font forcément naître des vocations auprès des jeunes filles. D’ailleurs, à Saint-Brice, j’ai le sentiment qu’il y en a une certaine parité (NDLR : 43 % sont des femmes) ».

Clotilde Boulanger se remémore qu’elle était très impressionnée, lorsqu’elle a débuté le karaté, par des femmes, ceintures noires, qui se faisaient respecter par les hommes sur le tatami. Myriam Szkudlarek, leader française dans la catégorie kata individuel, était également une grande référence pour elle.

« C’est clair que certains hommes sous-estiment nos résultats »

Sur le regard que porte les hommes sur ses performances, la karatéka répond : « C’est clair que certains hommes sous-estiment nos résultats. Il y a encore des arriérés… Lorsque je me retrouve sur le tatami en face d’eux, certains rigolent un petit peu. Je les remets en place en frappant un peu plus fort. On n’est pas plus faible qu’eux. Au contraire, on peut être plus rapide et subtile. » Elle poursuit : « Je me rappelle que c’était toujours l’équipe de France combat masculine qui était mise au premier plan au niveau des médias alors que l’équipe féminine avait parfois des meilleurs résultats. À force de monter sur les podiums, le regard des journalistes a changé progressivement. »

En attendant avec impatience la nouvelle salle multisports au collège de Nézant, Clotilde Boulanger vous attend au gymnase du Cosec si vous souhaitez découvrir le karaté ou le body karaté. Et encore plus si vous êtes une fille !

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