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Quentin Gréban, roi de l'illustration

le 1 février 2018

L'auteur-illustrateur jeunesse expose ses dessins originaux du Livre de la Jungle au centre culturel et sportif Lionel Terray du 7 au 15 février. Portrait.

De l'illustration à l'écriture

Quentin Gréban vogue dans le monde de la littérature jeunesse depuis presque vingt ans. Formé à l’institut Saint-Luc à Bruxelles, ce quadragénaire a déjà à son actif une soixantaine d’albums pour enfants, édités pour la plupart chez Mijade, une maison réputée dans l’illustration jeunesse. Il est traduit dans une vingtaine de langues.

Au début, il illustrait des textes d’auteurs contemporains. « Sur la quinzaine d’auteurs contemporains que j’ai illustré, je n’en ai rencontré aucun. On s’imagine souvent que c’est une grande alchimie entre l’auteur et l’illustrateur. Ce n’est pas le cas, malheureusement » raconte Quentin Gréban, avant de poursuivre : « C’est mon éditeur qui me proposait des textes à illustrer. Au bout de quelques années, ne voyant pas arriver des textes sur lesquels j’avais des envies de dessiner, j’ai fait appel à mon frère, Tanguy, qui écrit très bien. Il n’est pourtant pas auteur. Il tient un magasin de jeux de société ! J’ai travaillé avec lui sur trois albums. Je lui ai donné, en quelque sorte, un cahier des charges. Par exemple, je lui demandais de m’écrire l’histoire d’une petite fille de cinq centimètres et d’une souris, qui se passe dans un château... ».

Puis, débordant d’idées, Quentin Gréban s’est finalement lancé dans l’écriture des scénarios. « Mon écriture est toujours guidée par mes envies de dessinateur. Par exemple, j’avais envie de dessiner un monde sous-marin, j’ai alors choisi La Petite Sirène, dont l’histoire me plaisait. » Au total, il a écrit une trentaine d’albums. Depuis son atelier, il a donné vie à toute une panoplie de personnages : un tigre shérif, un mammouth de compagnie, un gipsy panda ou encore un nounours grognon. Au fil des pages, on y trouve beaucoup d’humour, de sensibilité, de tendresse et une créativité débordante.

Illustration de Quentin Gréban © Quentin Gréban

Père de trois filles, Quentin Gréban a pour habitude de leur montrer ses croquis avant de les mettre en couleurs. « Je leur demande de me décrire l’image pour savoir si elles comprennent bien mon intention. Elles ont l’âge du public que je cible ». Chez lui, tout est fait à la main. Sans ordinateur. Il travaille à l’aquarelle sur un croquis de crayon, plus ou moins poussé selon le sujet. « Si je dessine une ville, je vais réaliser au crayon les véhicules, les panneaux de signalisation, les briques, les fenêtres... Il y a beaucoup de détails à dessiner. J’ai alors besoin d’un croquis pour structurer le squelette. À l’inverse, si je dessine une forêt, ça n’a pas d’importance si un arbre n’a pas la même taille que les autres. En revanche, avec le temps, le croquis est de moins en moins présent. » Tous les univers où l’esthétique est travaillée l’inspirent particulièrement. « Cela peut être aussi bien l’illustratrice Liesbeth Zwerger, le peintre Egon Schiele ou le cinéaste Jean-Pierre Jeunet. Même s’ils n’ont rien à voir avec ce que je produis ». À l’inverse, Quentin Gréban inspire. Des studios de cinéma l’ont d’ailleurs sollicité pour adapter certains de ses albums. Pour l’heure, aucun projet n’a abouti. Mais l’idée lui plairait bien. « On tient à ce que cela se réalise dans de bonnes conditions. »

Illustration de Quentin Gréban 3 © Quentin Gréban

Une quinzaine de classiques illustrés

Quand il n’écrit pas ses propres histoires, Quentin Gréban illustre les classiques : Pinocchio, Sindbad le marin ou encore des contes d’Andersen. Le dernier en date est Le Livre de la jungle de Kipling. Les dessins de cet album seront exposés au centre culturel Lionel Terray du 7 au 15 février (après l'avoir été à Paris en 2016 à la galerie Jeanne Robillard ).

« Je me suis basé sur l’histoire originale comme j’ai pu le faire pour la majorité des classiques que j’ai illustrés, tels que Peter Pan ou Blanche Neige. Exception faite sur La Petite Sirène où, quand elle remonte à la surface, j’ai pris le parti de dessiner un univers asiatique. Rien n’était précisé dans l’histoire explique-t-il. Pour Le Livre de la jungle, on connaît surtout la version de Walt Disney. L’histoire originale de Kipling est très surprenante. Par exemple, l’ours Baloo est beaucoup moins sympathique… Si je l’avais illustrée telle quelle, le lecteur aurait été surpris, voire même dérangé. On a donc pris le parti de l’illustrer avec un dessin doux et léger comme la version du dessin animé. Le texte a également été réécrit avec un phrasé plus actuel (l’original date de 1894). Et comme Disney, on s’est concentré sur l’histoire de Mowgli. »

Un prochain album dédié aux mamans

Lorsqu’on lui demande sur quoi il travaille actuellement, il répond avec enthousiasme : « Mon prochain album, Maman, c’est mon bébé chéri ! » Cette fois, Quentin Gréban s’adresse aux adultes. Ses sublimes images, dont certaines ont été publiées en exclusivité sur sa page Facebook, seront accompagnées des mots pleins de second degré d’Hélène Delforge. Il s’est intéressé à la relation entre une mère et son enfant. Les lecteurs découvriront ainsi toute une galerie de portraits de mamans. De différents pays et époques. « Je me suis beaucoup amusé à dessiner des costumes, des ambiances, des lumières… J’ai mis dans cet album beaucoup d’espoir et j’ai hâte de savoir comment il sera accueilli. »

En attendant sa sortie, vous pouvez trouver ses albums à la bibliothèque et dans toutes les bonnes librairies.

Maman de Quentin Gréban © Quentin Gréban

Exposition du 7 au 15 février
Centre culturel Lionel Terray
12 rue Pasteur à Saint-Brice-sous-Forêt
Rens. au 01 39 33 01 90 ou
www.quentingreban.be - Page Facebook

 

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Latitude : 48.9989633 Longitude : 2.359222700000032 Adresse : 12 rue Pasteur 95350 Saint-Brice-sous-Forêt

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