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Rencontre avec le directeur du conservatoire

le 23 janvier 2018

À l’occasion des quarante ans du conservatoire municipal de musique Claude Debussy cette année, nous avons rencontré son directeur actuel : Marléni Batola.

 

 

Quel est votre parcours ?

J’ai commencé mon parcours musical il y a plus de 40 ans. J’ai fait d’abord mes études de découverte musicale à Deuil-La Barre parce que j’habitais là-bas à l’époque. Ensuite, j’ai poursuivi mes études à l’université de Paris IV à la Sorbonne pour les études supérieures, après avoir obtenu mes diplômes techniques musicaux et professionnels. Je me suis retrouvé en tant qu’enseignant à Deuil-La Barre et ici ensuite en tant que directeur en 2002.

Ce dont vous êtes le plus fier depuis votre arrivée ? 

L’accroissement du nombre d’élèves par l’introduction de nouvelles disciplines en musiques actuelles en 2003. Depuis, on a continué à travailler sur ce genre de propositions. On a un nombre d’élèves plus important que précédemment. On met aussi l’accent en direction du jeune public, notamment les enfants en grande section de maternelle, qui constituent l’éveil musical et les futurs talents des prochaines générations.

Un mot sur la relation élève / professeur à Saint-Brice ?

L’accompagnement des élèves se fait dans un esprit bienveillant. On reçoit nos élèves avec bienveillance mais évidemment aussi  une exigence quand on aborde les aspects techniques de la pratique musicale. On a ce désir de faire en sorte que l’enfant qui arrive au sein de ce conservatoire puisse se sentir à l’aise, en comprenant les codes de l’établissement. En ce lieu, on est là pour apprendre un certain nombre de choses, pour rayonner, à savoir présenter son travail aux autres et enfin, participer à la vie de l’établissement et à la vie locale. Une chose importante qui leur permet aussi d’être de futurs citoyens.

La musique est-elle le complément naturel à l’éducation des jeunes, comme le disait Maurice Cornet, le fondateur du conservatoire de musique municipal ?

La musique permet aux enfants mais aussi aux adultes de se retrouver. La musique a un rôle social très important. Un rôle culturel car c’est à travers la musique que les gens se regroupent. Quand on a dans un même pays des différences de pratiques, c’est très intéressant. On a une population très variée et éclectique, ce qui est une richesse. On n’a pas qu’une seule pratique musicale mais on a plusieurs propositions, dans l’intérêt du public, en tenant compte des attentes de la population. Nous sommes un service à la population.

Nouveauté 2017/2018 : les Ateliers de découverte instrumentale (ADI).

Le but des ADI est de permettre à des enfants qui n’y ont pas accès de découvrir et de se familiariser à l’apprentissage d’un instrument. Le but du jeu est de leur donner une envie de pratiquer. Ce n’est pas l’objectif principal du conservatoire d’avoir des élèves en plus. C’est juste une action pédagogique et culturelle en direction d’un public qui le demande ou le suscite.
Ce sont souvent les parents qui, très souvent, déterminent le choix des enfants. Au niveau de l’équipe pédagogique et la conception que nous avons, nous pensons que c’est important, pour les enfants, d’avoir la possibilité de faire un choix à partir des instruments proposés. On fait en sorte que les enfants puissent se familiariser avec une ou plusieurs pratiques instrumentales dans un premier temps. Si l’une d’entre-elles a leur préférence, ils pourront ensuite choisir définitivement leur instrument. On est dans l’éducation au choix.

Pouvez-vous nous citer une particularité du conservatoire ?

Parmi les offres proposées par le conservatoire, il y a une animation musicale et artistique qui intéresse particulièrement les femmes enceintes. En effet, nous avons mis en place un atelier de relaxation musicale pour les futures mamans. On en compte régulièrement deux, trois ou quatre par séance. Des séances animées par Edith Monti, une sage-femme à la retraite qui vient prodiguer ses conseils et une de nos professeurs de piano, Anne-Claire Gauvrit, pour l’accompagnement musical qui a à cœur d’accompagner ses futures mamans dans ses découvertes musicales.

Le conservatoire, fabrique de talents ?

Alexandre Lacombe a commencé ses études à Saint-Brice et a poursuivi brillamment ses études au conservatoire national supérieur de musique à Paris. Il est prof de piano depuis quelques années à Paris.
Christophe Quatremer est également un de nos anciens élèves violonistes. J’ai eu l’occasion de le rencontrer quand il était tout jeune élève et, par la suite, en tant que professeur de violon sur une autre école. C’est quelqu’un de talentueux qui est le reflet de cette génération de jeunes Saint-Briciens qui ont réussi à s’émanciper pour devenir de véritables artistes et reconnus.

Existe-t-il une chorale ? 

Il y a une chorale d’enfants et un ensemble vocal féminin animés par Umbaja Majstorovic. C’est un choix qui a été fait de se démarquer des autres conservatoires où il y a des chorales très importantes. Mais finalement une certaine catégorie de personnes ne retrouve pas leurs marques.
On y apprend toutes les techniques sur la gestion du souffle, à travailler en groupe, respecter les consignes d’un chef de chœur, écouter, tout simplement, et s’exprimer dans le cadre d’un échange organisé par le chef de chœur.
Pour les petits, c’est le répertoire de chansons enfantines populaires d’Europe et même du monde. L’idée est de proposer d’avoir une approche culturelle non pas centrée sur la culture européenne mais aussi sur les autres cultures des familles qui arrivent à Saint-Brice et qui ne sont pas forcément issues des pays d’Europe.
Nous recherchons des enfants parce que cela fait partie du renouvellement des forces vives des jeunes classes. Cela permet de s’ouvrir à un public plus large et plus divers.

Recherchez-vous des musiciens ?

Le conservatoire recherche des musiciens dans différentes disciplines pour étoffer ses ensembles instrumentaux et diversifier certaines pratiques instrumentales qui sont soient trop nombreuses (si on considère, par exemple, les guitares dans un orchestre) ou insuffisantes (les instruments à vent dont on a besoin notamment dans un orchestre d’harmonie). Nous avons besoin de faire un effort de communication autour de ces différentes pratiques pour que les habitants trouvent leur place dans un orchestre à sa dimension.

Travaillez-vous avec les écoles ?

On est sollicité par quelques écoles qui tiennent à inscrire dans leurs projets artistiques et pédagogiques des interventions du conservatoire, en particulier Jules Ferry et Jean de la Fontaine. Elles ont déjà eu l’occasion de travailler avec nous sur des projets de pratiques musicales collectives au profit de jeunes enfants qui n’ont pas forcément accès au conservatoire.

Les prochains concerts à noter dans notre agenda ?

Nous envisageons de célébrer le 40e anniversaire à l’occasion de la rentrée scolaire 2018/2019. Cela nous permettra de faire un bilan sur ces quarante années.

Quels sont les prochains projets du conservatoire ?

S’ouvrir vers les esthétiques plutôt contemporaines, dans le cadre notamment du projet Street art, et développer les musiques actuelles avec la guitare électrique, les claviers, la batterie... On cherche à accueillir davantage d’élèves, notamment des lycéens, très demandeurs de nos propositions.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le concert des musiques actuelles ?

C’est un rendez-vous très demandé par les élèves et les spectateurs. On ne fait pas dans toutes les écoles ce genre de manifestation. L’objectif, c’est aussi de rayonner auprès d’un public qui ne connait pas forcément notre offre en musiques actuelles et qui le découvre parce qu’un élève a fait connaître son concert à ses amis lycéens ou étudiants. On a de plus en plus le retour de nouveaux publics.
Les répertoires abordés sont anglo-saxon, européen et français. Le but de cette discipline est d’ouvrir nos élèves à des esthétiques les plus diverses possibles : rock n’ roll, hip-hop, blues, rock métal, etc. Ce sont des propositions qui sont faites aux élèves qui sont encadrés de manière à ce qu’ils puissent bien gérer leur outil musical et développer leurs compétences techniques.
Parmi les répertoires abordés, on a recours aux standards anglo-saxons comme les Rolling Stones, The Who, Pink Floyd. On se tourne vers des standards plus locaux comme Téléphone qui est un grand pourvoyeur de partitions pour nos élèves. On a également des élèves qui nous proposent leurs créations. On les appuie, les encourage et les accompagne. Cela a été le cas lors de la dernière audition des musiques actuelles où il y a eu une petite composition d’un des élèves. C’était son initiative. On lui laisse carte blanche.

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