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Édith Wharton, écrivain

Édith Wharton a été nouvelliste, romancière, journaliste, architecte de jardins, grande voyageuse, philanthrope.

(NEW-YORK 1862 – SAINT-BRICE 1937)

Edith wharton

Elle s'est installée et a vécu longtemps à Saint-Brice-sous-Forêt...Grande romancière américaine qui a vécu de très longues années en France et à Saint-Brice-sous-Forêt, en particulier, Edith Wharton a dépeint dans une œuvre importante une Amérique aristocratique new-yorkaise « élégante et cruelle », enrichie par la rapide augmentation des biens immobiliers, qui menait une vie ordonnée « de loisirs et d’aimable hospitalité », qui multipliait les voyages en Europe mais ne fréquentait que des compatriotes choisis, « qui avait des bibliothèques pour le décor » et qui avait « un culte presque païen pour la beauté physique des hommes comme des femmes ».

Dans ce milieu privilégié mais impitoyable, bien que mariée très tôt à un ami de la famille, Edith Wharton s’est sentie selon ses termes « une petite apatride ». Elle ne jouissait pas d’une grande beauté, la grande qualité exigée. Elle ne pouvait être seulement une femme qui, « vêtue d’une robe de brocart ou de satin rayé, fortement corsetée », ferait sa promenade quotidienne en voiture à Newport (Rhodes Island) le long de « Bellevue Avenue ». On lui reprochait « d’être trop mondaine pour être intelligente ou d’être trop intelligente pour être mondaine ». Sa vraie patrie fut la « Terre des Lettres ».

Elle eut très tôt la passion des mots, de leurs sonorités ; ils lui « chantaient à l’oreille comme les oiseaux d’une forêt magique ». Elle se fit connaître par un ouvrage d’architecture écrit en collaboration avec l’architecte Ogden Codman. L’architecture resta une de ses passions, durant toute sa vie, surtout l’architecture des jardins. Devenue spécialiste des jardins italiens de la Renaissance, elle créa elle-même ses grands jardins dans ses diverses propriétés : Lenox (USA), Pavillon Colombe (Saint-Brice), Château Sainte-Claire (Hyères).

Dès l’âge de quatre ans, Edith Wharton découvrait l’Europe de l’Ouest avec ses parents, surtout l’Italie dont elle connaîtra si bien les villas. Plus tard, dès 1906, elle s’installera en France, à Paris et traversera l’Atlantique chaque année devenant, selon l’expression de son ami Henri James « une femme pendule ». Allemagne, Algérie, Espagne, Angleterre, Maroc, et régulièrement l’Italie, surtout Rome, qui servit de décor à des nouvelles. Voyages en bateau, en diligence, en chemin de fer et bien sûr en automobile.

Ses qualités de journaliste, don d’observation, acuité du regard, indépendance de la pensée et de la plume s’expriment dans ses reportages sur la ligne de Front où elle se rendit sept fois entre 1914 et 1916 (Fighting France, from Dunkerque to Belfort) dans son ouvrage consacré au Maroc (Été) où le Résident général l’avait invitée en 1917, ou dans la présentation des mœurs françaises destinée aux Américains, avant leur entrée en guerre (Les Mœurs françaises et comment les comprendre).

Pendant la guerre de 1914- 1918, elle participa à de nombreuses activités pour aider les réfugiés. Elle a soutenu l’action du Foyer franco-belge, créa des ateliers pour les chômeurs. Elle a multiplié les efforts pour rassembler des fonds d’aide américains, pour obtenir aussi l’engagement des États-Unis dans le conflit. C’est en recherchant d’ailleurs une propriété pour créer dans le nord de Paris un sanatorium militaire qu’elle a découvert la villa de Saint-Brice qui était à vendre en 1918.

Entre 1918 et 1937, l’écrivain(e) partagea sa vie entre Saint-Brice durant la saison d’été et Hyères pour la saison d’hiver, se consacrant à ses diverses activités : l’écriture, le jardinage, les relations d’amitié, la vie intellectuelle et mondaine.

C’est dans ce Pavillon Colombe de Saint-Brice où elle reçut des amis comme André Gide, Scott Fitzgerald, Anna de Noailles, Paul et Minnie Bourget, George Duhamel, qu’elle écrivit en 1920 L’âge de l’Innocence ou en 1923 Un fils sur le Front.

L’auteur connaît en France de nos jours un grand succès. Ses livres sont traduits et publiés régulièrement. L’âge de l’Innocence a donné lieu au tournage d’un film.
Edith Wharton est enterrée à Versailles ; ce grand écrivain américain est resté en terre française, sa patrie d’élection. Le Pavillon Colombe porte une plaque en souvenir de son long séjour saint-bricien de 19 ans.

En 1987, pour le cinquantenaire de sa mort, un colloque Edith Wharton a été organisé à Saint-Brice par l’association Les Amis du Vieux Saint-Brice.

Texte rédigé par Monique Borde-Germain, Les Amis du vieux Saint-Brice

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