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Félia Litvine, cantatrice

Brillante cantatrice, sa carrière fut consacrée tout entière au service des grandes œuvres, à la défense désintéressée des nobles causes.

(SAINT-PÉTERSBOURG 1860 - PARIS 1936)

Félia Litvine

Née à Saint-Pétersbourg, en 1860, d’un père russe d’origine allemande et d’une mère franco-canadienne, Félia Litvine vint de bonne heure à Paris, où elle fut l’élève de Madame Barthe-Banderali, de Pauline Viardot et du célèbre baryton Victor Maurel. Dès ses débuts au théâtre italien, en 1883, dans Simon Bocanegra et Hernani, sa voix de soprano dramatique puissante, égale, sans trous, fit sensation.

En 1884, elle créait à Bruxelles la Walkyrie, puis elle entrait en 1885 à l’Opéra pour y chanter les grands rôles du répertoire : les Huguenots, la Juive, l’Africaine. On l’applaudit ensuite au théâtre San Carlo de Naples, à la Scala de Milan, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, où elle créait la Judith de Séroff, à Breslau, à Marseille et à Lyon.

Après des saisons passées à Lisbonne et à Nice, Félia Litvine faisait à Paris une rentrée chaleureusement fêtée, en interprétant le rôle d’Isolde aux superbes représentations de Tristan et Isolde données en 1899 au Théâtre de la rue Blanche par Charles Lamoureux. En 1902, elle créait le rôle de Brünnhilde du Crépuscule des Dieux, et reprenait celui d’Isolde aux soirées wagnériennes organisées au théâtre du Château-d’Eau par M. Alfred Cortot.
Plus tard, elle chantait Alceste, le rôle-titre, à l’Opéra-Comique, participait à la présentation des Troyens à Orange, de Parsifal à Amsterdam, de l’Ancêtre et Déjanire de Saint-Saëns, à Monte Carlo, sans renoncer aux tournées régulières en Russie, en Amérique du Sud.
Félia Litvine séjourna à Saint-Brice en 1906 et 1907, au Pavillon Colombe, qui s’appelait à l’époque, la Villa Jean-Marie. Elle avait loué cette propriété pour les trois mois d’été. Elle aurait « voulu posséder ce petit paradis », écrit-elle dans ses Mémoires. Elle s’amusait à y faire de la peinture, tout en travaillant ses rôles pour l’opéra.

Malgré un talent exceptionnel, une consécration mondiale, le titre de soliste de sa Majesté le Tsar accordé très tôt, Félia Litvine connut un destin tragique. La Révolution russe, la Guerre de 1914-1918, des charges familiales très lourdes, une extrême générosité face aux plus démunis lui vaudront une fin de vie très difficile au Cercle familial d’Auteuil. Elle mourut en 1936. Ses archives disparaîtront et elle tombera même dans un certain oubli, elle qui fut une des plus grandes Isolde et surtout la plus grande Alceste de tous les temps.
Elle reçut le titre de chevalier de la Légion d’honneur en 1927.

Texte rédigé par Monique Borde-Germain, Les Amis du vieux Saint-Brice

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