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Hélène DUC

Comédienne, Juste parmi les Nations (2005), Officier de la Légion d’Honneur.

(1917 BERGERAC - 2014 PARIS)

Fille d’un médecin militaire décédé en 1918 et d’une institutrice, fille de bourgeois vignerons  huguenots dont la devise est « Servir Dieu dans la joie », elle est élevée par une nounou et un grand père qu’elle sait riche « chef d’une tribu de femmes ».
Elle arrive à Paris, bac en poche à l’âge de 17 ans, s’inscrit au cours de Julien Bertheau, mais la guerre la ramène à Bergerac.

Sa période enseignante
En septembre 1939, elle est nommée à Bergerac pour enseigner aux élèves du cours supérieur complémentaire, et en 1940, elle enseigne aux classes de 6ème et de 3ème, le latin, le français, l’histoire et la géographie.
Elle a  comme élève Juliette Gréco dont la mère cachait des résistants dans les bois de sa propriété aux environs de Bergerac, qui devint un refuge pour ceux du maquis et pour les Anglais parachutés dans la région.

Sa passion pour le théâtre
Hélène commence à monter quelques pièces dont les recettes vont aux « Colis du Soldat ».
Sur recommandation elle part pour Marseille rencontrer Louis Ducreux et André Roussin, qu’elle quittera  par la suite pour la « Compagnie Grenier Hussenot ».
Elle débute à Aix dans « Britannicus » à l’Opéra de Montpellier, qui sera son premier contrat professionnel.

En 1942, elle fait venir dans la pension de famille où elle vit, des juifs, des résistants et des apatrides.
Elle se qualifie de « marginale » : Universitaire marginale, Femme du monde marginale, Mère de famille marginale, Comédienne marginale
« Quelque chose en moi me met toujours sur une voie très proche mais parallèle à la réalité. Un no man’s land entre le vrai et l’imaginaire ».
En 1943, elle décroche une licence de lettres classiques et revient à Paris enseigner.
Elle est pensionnaire de l’Odéon, suit les cours de René Simon et est admise au Conservatoire.
En 1944, elle rencontre Max Pol Fouchet qui lui fit connaître Eluard, Aragon, Henri Hell…
En 1946, à l’occasion d’un défilé au Caire, elle présente les créations de Rochas, Robert Piguet, Lelong, Schiaparelli, Grès. Elle restera 5 mois au Caire et rentrera en France, démunie.
En 1947, elle n’avance pas professionnellement comme elle le désirerait.
Elle fréquente les Rochas, Jacques Beckel, Elsa Triolet, Aragon, Eluard, Léonor Fini, ainsi que le salon littéraire de Lise Deharme, où elle rencontre beaucoup d’écrivains.
En 1951, René Catroux, Attaché au Quai d’Orsay, fils du Général Catroux, qu’elle avait rencontré au Caire, et avec qui elle avait correspondu de temps à autre, vient la rejoindre à Milan où elle joue. Ils débuteront 45 ans de vie commune ayant donné naissance à 2 filles, nées à Saint-Brice-sous-Forêt, dont l’une Élisabeth vient de décéder en juin 2013.
Elle enchaînera par la suite les rôles comiques ou tragiques, sera reconnue comme une incomparable interprète racinienne.
On la verra dans quelques 25 pièces au théâtre, elle jouera dans près d’une soixantaine de films pour la télévision, elle tournera dans une trentaine de productions cinématographiques.
Son rôle le plus célèbre reste Mahaut d’Artois dans l’adaptation télévisée « Les rois Maudits » de Claude Barma, en 1972/1973.
En 2005, elle a été reconnue « Juste parmi les Nations » pour avoir sauvé, avec sa mère Jeanne, institutrice, des dizaines de Juifs à Bergerac et à Marseille.
En 2009, elle reçoit la croix d’Officier de la Légion d’Honneur.

Ses années Marion (Delbo) : 1952 – 1958
Enceinte de son premier enfant, elle décide de vendre son appartement de Paris et cherche une maison.
Quinze jours avant la naissance de sa fille, alors qu’elle pense prendre possession d’une maison ravissante et que les propriétaires ne désirent plus vendre, elle rend visite à son amie Marion Delbo, ex épouse d’Henry Jeanson, qui réside à la Tour de Nézant :
« Je savais qu’elle louait volontiers une partie de sa maison, et c’était bien le lieu idéal que j’aurais choisi pour la naissance de mon enfant. […] C’est là que mes deux filles naquirent en 1953 et 1955 ».
Hélène DUC : Entre cour et jardin – Mémoires-Ed. Pascal 2005.
 

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