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Hippolyte Louis Guérin

Libraire- Imprimeur parisien  qui posséda une maison de campagne à Saint-Brice  au XVIIIè siècle. ( aujourd’hui : 95, rue de Paris)

(1698 – 1765)

Hippolyte-Louis Guérin, fils aîné du libraire Louis Guérin, obtient son brevet de libraire en 1718 et son brevet d’imprimeur en 1752. Il a lui-même épousé une fille de libraire : Melle Osmont, fille de Charles II Osmont. Il travaille de 1722 à 1752 avec son frère cadet Jacques Guérin, rue Saint-Jacques, à Saint-Thomas d’Aquin. Ce frère serait mort en janvier 1752. Sa fille, Françoise-Catherine, épouse en 1752  Louis-François Delatour, reçu libraire en 1745, reçu imprimeur en 1750, qui a racheté  la même année l’imprimerie de Pierre-Jean Mariette (1694 – 1774) située  aussi rue Saint-Jacques. Louis-François Delatour et Hippolyte-Louis Guérin travaillent ensemble de 1752 à 1765. Ce sont les fournisseurs attitrés à Paris de la Bibliothèque de Genève.

À la mort de Louis-Hippolyte Guérin, Louis-François Delatour poursuit son activité jusqu’en 1778. Il se démet alors de ses fonctions pour devenir, en 1779, secrétaire du Roi. Il est rédacteur de catalogues de bibliothèques. Il est aussi l’auteur de « Petites Nouvelles parisiennes » et en 1803 d’un « Essai sur l’architecture des Chinois ».

Au XVIIIème, le libraire n’est pas seulement un détaillant, mais aussi un fabricant et un distributeur de livres, de périodiques, de libelles, d’almanachs. Il remplit donc les fonctions d’éditeur et de diffuseur. Il peut être aussi imprimeur. Les publications sont soumises au contrôle du Bureau de la librairie qui, sur avis d’un censeur choisi accorde ses autorisations sous forme de privilèges écrits, ou sous forme d’accords tacites. Les boutiques des libraires et les ateliers d’imprimerie tiennent une place importante dans les lieux de sociabilité. Ils participent à la vie intellectuelle de leur ville et par leurs réseaux, en particulier à Genève, à Amsterdam, à Bâle, à la vie intellectuelle de l’Europe savante.

Hippolyte-Louis Guérin eut des liens étroits avec Jean-Jacques Rousseau, surtout quand le philosophe choisit de vivre à Montmorency, loin des tracas de  l’agitation parisienne, entre 1757 et 1762, date à laquelle l’écrivain fut décrété de prise de corps, après la publication de son ouvrage l’Emile ou de l’Éducation. Rousseau et Guérin se rencontraient soit à Montmorency, soit à Saint-Brice, comme l’évoque la lettre qui suit.

À Montmorenci le 10 janvr 1760
« […]. Bon jour, Monsieur, il me tarde de voir revenir la belle saison ; j’espère qu’elle vous ramènera souvent à St Brice, et que je vous y verrai quelque fois. Recevez en attendant les assurances de ma reconnaissance pour vos bontés, et de mon respect pour vous . »
JRousseau
À Monsieur/Monsieur Guérin Libraire/ À Paris *
*CC. LEIGH.LETTRE920.

Ou encore cet extrait des Confessions : « J’avais au même village de Saint-Brice, le libraire Guérin, l’homme d’esprit, lettré, aimable, et de la haute volée dans son état. »
J.J. Rousseau  suit de près l’édition de ses livres. Il est très au fait des problèmes qui se posent tant pour la transmission et la sauvegarde des manuscrits, le choix des caractères et du papier pour l’impression, le choix des passages à illustrer par de bons illustrateurs, la diffusion de l’ouvrage, l’existence tant en France qu’à l’étranger, juste à la périphérie (Belgique, Suisse, Hollande,) du système organisé de contrefacteurs et de  transporteurs-contrebandiers du livre. Cette attitude explique l’importance des échanges qu’il y eut entre J.-J. Rousseau et ses divers éditeurs, en particulier Hippolyte – Louis Guérin qui maintenait des relations étroites avec des confrères et amis installés à Amsterdam et  chargés directement de la première édition des ouvrages du philosophe, comme Jean Néaulme ou Marc-Michel Rey.

Le moraliste et librettiste Jean-François  Marmontel (1723 - 1799) évoque aussi la richesse de la bibliothèque personnelle d’Hippolyte-Louis Guérin dont il pouvait consulter les ouvrages lors d’un assez long séjour qu’il fit lui aussi à Saint-Brice.

Texte rédigé par l’association Les Amis du Vieux Saint-Brice

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