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Jules-Karl Van West, relieur

(GAND 1899 - 1969)

Né en Belgique, Jule-Karl Van West a eu une enfance malheureuse dans une famille d’ouvriers du livre où sévit l’alcoolisme.
Contraint de travailler dès 15 ans dans l’atelier familial, il va parfaire son désir de savoir en suivant les cours du soir, de dessin, de chimie de physique et d’astronomie.De 1910 à 1914 il travaillera au Congo comme topographe.

À la suite d’un séjour dans le Haut-Soudan, il trouvera une clé donnant le sens réel des hiéroglyphes de la vallée du Nil et élaborera un dictionnaire d’égyptologie.
Il participe à la guerre de 1914 sur le sol français où il sera blessé.

En 1919, il épouse Jeannette Cheffer, dont la mère est la nièce de Rodin. Aidé par ses beaux-parents, célèbres graveurs, il achète un fonds de relieur rue de l’Abbé Grégoire.
Le soir pour se détendre il s’évade avec l’astronomie. Il connaît Jules Flammarion dont il sera un familier jusqu’à sa mort en 1924.

En 1925, il découvre à Saint-Brice une propriété bourgeoise qui doit être morcelée, la propriété Périac. Il achète un lot, et avec l’aide d’un richissime radjah pour lequel il fait de magnifiques reliures, il fera construire sa maison, l’atelier de reliure et le petit observatoire d’astronomie dont il rêvait.
Son épouse Jeanne participera au travail de l’atelier et se chargera en particulier de la marbrure, devenant ainsi une des premières femmes marbreurs.
À la suite d’une vente publique à Drouot, Van West atteindra la célébrité, qui passera les frontières et il se verra offrir par la reine Élisabeth de Belgique le poste de maître-relieur de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Bruxelles.
Son retour au pays natal s’effectuera en décembre 1939.
Il sera dans son pays le plus grand de son temps dans le domaine de la reliure, de la dorure et de la dorure sur tranche, trois disciplines artistiques qu’il est peu courant de voir réunies dans les mêmes mains.

À Beloeil, domaine princier près de Ath en Belgique, le Musée-Observatoire Van West lui est consacré, témoin du labeur, du bon goût et du génie d’un homme hors du commun pour lequel « celui-là seul est un homme qui arrive par son propre travail ».

Texte rédigé par l’association Les Amis du vieux Saint-Brice

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