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L’abbé SALATI, maire de Saint-Brice -sans titre-

L’abbé Salati, un curé exceptionnel qui pendant la guerre franco-prussienne de 1870, a su remplacer les autorités municipales défaillantes et remplir toutes les fonctions d’un maire.

(PARIS 1828 – SAINT-BRICE 1880)

Louis Charles Marie Salati est né à Paris le 3 novembre 1828 d’un père piémontais, originaire de Malesco, et d’une mère bretonne venant  de Landéan, près de la forêt de Fougères. Giovanni Maria Salati, son père, un ancien soldat de l’armée napoléonienne qui  exerçait le métier d’artisan ramoneur-fumiste, s’est soucié de donner à son fils une bonne éducation qui lui permît de s’élever dans la société et l’a confié aux Frères des Écoles chrétiennes d’Étampes.

Quand, en 1848, le roi réformateur du Piémont, Charles-Albert de Savoie, s’oppose à l’absolutisme de l’Empire autrichien, lève une armée, fait appel à tous les volontaires de la Péninsule et d’Europe, Louis Charles Marie veut défendre la terre paternelle et s’enrôle dans la colonne italienne qui part de Paris en avril, pour soutenir la volonté d’émancipation de la plaine du Pô.
Gravement malade et hospitalisé à Pise, il fait le vœu de consacrer sa vie à Dieu s’il guérit.

De retour en France en 1850, il  reprend ses études et intègre le séminaire de Soissons puis celui d’Orléans. Il est ordonné prêtre le 2 décembre 1855 par Mgr Dupanloup, est affecté à la paroisse de Pucey près d’Étampes, puis deviendra successivement curé d’Ennery près de Pontoise, de Draveil, en fin de Saint-Brice en janvier 1868.

Deux ans plus tard éclate la guerre de 1870. Napoléon III est vaincu et fait prisonnier à Sedan. La France est envahie. Tous les notables de Saint-Brice ont fui à Jersey, en Angleterre, en Provence, abandonnant leurs propriétés et laissant les villageois face aux forces d’occupation prussiennes et bavaroises. Saint-Brice est au centre d’un corps d’armée qui tient en échec les forts de Saint-Denis et d’Aubervilliers. Les occupants se montrent exigeants avec la population et imposent des indemnités exorbitantes impossibles à réunir. « Où sont vos bourgeois ? », dira le lieutenant prussien, commandant de place. 

C’est l’abbé Salati qui fut l’interlocuteur, le médiateur, et qui prit en mains l’ensemble des tâches dévolues normalement à un maire responsable. Sa connaissance de l’allemand, son dévouement, son énergie, son sens de la diplomatie lui permirent de négocier sans cesse, d’intervenir sans arrêt,  tant pour la fourniture de pain et de pommes de terre que lors des réquisitions et des arrestations. À chaque fois, les captifs furent relâchés sur son intervention. Il se soucia de réduire les nuisances de l’occupation, assura la protection des personnes et des biens, donna les autorisations de circulation, admit le libre exercice du culte protestant pour les Prussiens dans son église, prévint les provocations et parvint de ce fait à limiter les destructions, le pillage, les actes délictueux.
Après la guerre, son rôle et son courage furent loués par tous.

De santé fragile, il décéda à l’âge de 52 ans, le 2 avril 1880. Saint-Brice lui assura de magnifiques funérailles auxquelles assistèrent une quarantaine de prêtres et toute la population locale.  En reconnaissance de son dévouement, le Conseil municipal lui a accordé gratuitement et à perpétuité une concession dans le cimetière de Saint-Brice où il repose toujours avec ses parents  décédés en 1878 et 1879.
Depuis 1984, à l’initiative de notre association, une plaque fixée près du porche sud de l’église saint Brice commémore sa mémoire.

Texte rédigé par l’association Les Amis du vieux Saint-Brice

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