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Lise Deharme, écrivain

Anne-Marie Hirtz, connue sous le nom de Lise Meyer-Deharme était une poétesse, romancière, égérie de la vie littéraire et artistique

(PARIS 1898 - NEUILLY 1980)

Très jeune, Lise fréquente les écrivains et les artistes. Elle est elle-même une lectrice passionnée et deviendra une véritable érudite.
Ses parents lui font donation de la Tour de Nézant à Saint-Brice vers 1926. C’est l’une de ses maisons préférées, et elle y séjourne régulièrement jusqu’en 1938, date où la maison est acquise par Henri Jeanson.

Elle rejoint le groupe des écrivains et artistes surréalistes, qui ont eu à Saint-Brice une antenne (Maison Eluard). Elle est l’une des muses, la Najda, d’André Breton. Elle est très proche de Paul Eluard, de Louis Aragon, d’Elsa Triolet.

Épouse de Paul Deharme, directeur publicitaire de la station Radio-Cité, avant-guerre, elle écrit de nombreux poèmes (Le Cœur de Pic), et a créé une Revue littéraire, le Phare de Neuilly.
Elle participe à toute la vie parisienne, des années 20 aux années 70, fréquente et reçoit à Paris et à Saint-Brice toutes les personnalités qui comptent dans le monde de la culture, comme le peintre Pablo Picasso, la photographe Dora Maar, le sculpteur Alberto Giacometti, les acteurs et metteurs Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, la chanteuse Marianne Oswald, une amie proche, le cinéaste René Clair, le romancier André Malraux, les peintres Salvador Dali et Balthus, la poétesse Rosemonde Gérard, le poète Maurice Rostand, et bien d’autres. Elle est liée d’une grande amitié avec Marie-Laure de Noailles et avec Valentine Hugo. Elle organise rencontres, dîners, conférences.

Elle est une des premières femmes « médiatiques ». Elle contribue puissamment et brillamment au développement de la vie intellectuelle et artistique française. Elle est une amie intime de Jean Cocteau, parrain de son fils Tristan. Elle découvre et encourage les talents, elle soutient les génies fragiles de l’art naïf, comme Séraphine à Senlis et Benquet à Montfort-en-Chalosse.
Pendant la guerre, malgré la traque et des déménagements incessants, elle participe au Comité national des écrivains, avec Eluard, Paulhan, Edith Thomas. Avec son troisième mari, elle s’implique dans le réseau de Maurice Courbet. Elle aide au sauvetage d’enfants juifs menacés.

Après-guerre, sa production littéraire augmente, notamment avec de nombreux romans, dont l’un, La porte à côté, obtient le Prix Sainte-Beuve en 1949. Elle s’associe à Breton, Tardieu et Gracq pour écrire Farouche à quatre Feuilles. Elle crée un ballet, Paris-Magie, inspiré par Cocteau dans l’esprit surréaliste. Elle contribue à diverses revues, à l’organisation de multiples manifestations. Elle adhère à des mouvements féministes.

De nos jours, ses poèmes pour enfants sont toujours enseignés dans les écoles. Son œuvre et ses engagements méritent d’être redécouverts par un vaste public.

Texte rédigé par François Carcassonne, Les Amis du vieux Saint-Brice

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