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Max Ernst

Max Ernst est l’un des plus grands génies artistiques du vingtième siècle : peintre, sculpteur, humaniste, philosophe. Son œuvre a bousculé nos horizons et modifié nos regards.

(BRÜHL en ALLEMAGNE 1891 - PARIS 1976)

D’abord expressionniste, dadaïste dès 1917, surréaliste pendant des décennies, il sera surtout fidèle à lui-même, multipliant les recherches, variant les thématiques et les techniques (collages narratifs, frottages, décalcomanies...), détournant les usages et leurs images, alliant  imagination et  rigueur, prospectant dans les domaines les plus variés, se plaisant dans l’onirisme et le mystère, s’appropriant les lieux, les rencontres, les  richesses du hasard.

Pour en savoir plus

Il est né en 1891 en Allemagne, à Brühl, près de Cologne, dans une famille catholique traditionnelle de sept enfants. Son père, enseignant dans un institut pour sourds-muets, reproduisait des tableaux religieux dans les couvents. Le jeune Max a pu être sensibilisé à la peinture dès l’enfance. Il a fréquenté les musées très tôt, a acquis une culture graphique, un sens de l’expression et un goût de la représentation. C’était aussi un jeune sportif, aimant la nature, qui parcourait les collines boisées de Rhénanie à bicyclette et emmagasinait ces réserves d’images qui jailliront plus tard dans ses toiles.

Il eut une formation éclectique, mais plutôt littéraire. Il fit des études de philosophie, psychologie, psychiatrie à l’université de Bonn et s’intéressa très vite aux productions artistiques de malades mentaux. Il se passionnait aussi pour la poésie. Il admirait les tableaux du peintre romantique Gaspard David Friedrich. Il se lia avec le peintre August Macke qui lui fit parcourir son propre cheminement de Seurat et Cézanne, à Klee et Kandinsky.

C’est à l’occasion d’une grande exposition de peinture organisée à Cologne en 1912, qu’il décida de devenir peintre. L’année suivante, il présenta une œuvre à Berlin et rencontra le peintre Robert Delaunay et le poète et critique d’art Guillaume Apollinaire dont la culture l’impressionna.

1914. La guerre arrive. Max Ernst, mobilisé dans l’artillerie comme officier, est affecté au front de l’Ouest, en Picardie et à Verdun, remplit ses fonctions, est blessé deux fois, mais refuse une croix de fer de première classe et participera au mouvement de révolte spartakiste qui gagnera l’Allemagne en 1918.
Cette même année 1918, il épouse une camarade d’université, historienne d’art, Lou-Rosa Strauss, dont il aura un fils Jimmy et qu’il quittera en 1922, pour rejoindre la France et ses amis Paul et Gala Eluard.

En 1919/1920, Ernst participe aux expositions DADA de Cologne qui ont un retentissement considérable dans les milieux d’avant-garde. André Breton s’arrange pour faire venir à Paris des œuvres de Max Ernst et organiser une exposition en 1921.
Cette même année, André Breton et sa jeune épouse, Paul  et Gala Eluard rejoindront le groupe DADA au Tyrol. Les Eluard se rendront à Cologne chez les Ernst. Quelques mois plus tard, Max Ernst rentrait en France avec le passeport d’Eluard et s’installait chez eux, à Saint-Brice, au 3 rue Chaussée.

L’activité de Max Ernst fut intense durant son séjour à Saint-Brice. On retient tout particulièrement la création du célèbre tableau de groupe « Au Rendez-vous des Amis », actuellement à Cologne. Ce tableau présente 14 surréalistes et trois amis privilégiés du peintre : Raphaël, Dostoïevski, De Chirico.
Max Ernst suivit les Eluard fin 1923 dans leur nouvelle maison d’Eaubonne qu’il décora de fresques, rejoignit à Saïgon, avec Gala, son ami  Paul Eluard parti à l’aventure en avril 1924, resta seul en Orient quelque temps et revint s’installer à Paris, rue Tourlaque, dans le quartier de Montmartre.
En 1925, Ernst passe des vacances à Pornic  en Bretagne, remarque les veines du parquet et développe sa technique du frottage.
1926/1927. Avec Joan Miro, il peint les décors du ballet de Diaghilev : Romeo et Juliette. Il organise deux expositions successives de ses œuvres à Paris et épouse la jeune Marie-Berthe Aurenche dont il divorcera dix ans plus tard.

En 1929, paraît son premier roman-collages : La femme 100 têtes. Un deuxième lui succède en 1930 : Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel, tandis que diverses expositions de ses œuvres se déroulent à Berlin, à Düsseldorf, à Paris, puis aux États-Unis en 1932 et à Londres en 1933. Il participe en 1936, à Londres, à la deuxième Exposition Internationale du Surréalisme.

À partir de 1933, en Allemagne, les Nazis le rejettent comme artiste dégénéré et font disparaître certaines de ses œuvres.
En 1937, il rencontre le peintre anglais Léonora Carrington qui partagera sa vie à Saint-Martin d’Ardèche jusqu’à la déclaration de guerre de 1939. Il sera alors arrêté comme «étranger ennemi», puis interné. Pourchassé par la gestapo, il quittera l’Europe pour les États-Unis.

En 1941, il épousera Peggy Guggenheim dont il divorcera en 1943, après avoir rencontré le peintre américain Dorothea Tanning. À New-York, il retrouve les artistes et opposants français, exilés comme lui, dont André Breton, le chef de file du surréalisme. Il continue à travailler et à exposer, mais trouvant difficile la vie à New-York, il part avec Dorothea Tanning en Arizona où il se construit une maison de ses mains, à Sedona, parmi les Indiens Hopis.

En 1948, Max Ernst obtient la nationalité américaine, mais revient définitivement en Europe dès 1953. En 1954, il reçoit un Grand Prix de Peinture à la Biennale de Venise. Il s’installe peu après en Touraine, près de Chinon, et en 1958, obtient la nationalité française.

En 1962/1963, une grande rétrospective de son œuvre est présentée à New-York puis dans diverses villes des U.S.A. En 1964, Ernst et son épouse viennent habiter dans le Var à Seillans. La distinction d’officier de la Légion d’Honneur lui est décernée en 1966. En 1970, il publie « Ecritures » chez Gallimard. L’université de Bonn lui décerne le titre de « Docteur honoris causa ».
Le 1er avril 1976, Max Ernst meurt la veille de son 85ème anniversaire dans son appartement de la rue de Lille à Paris, reconnu comme l’un des plus grands artistes de son temps.

Texte rédigé par Monique Borde-Germain, Les Amis du vieux Saint-Brice

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