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René Dubos, chercheur, écologue, humaniste, écrivain et conférencier

Une culture immense, une prodigieuse intelligence, une ardeur au travail et une modestie de chercheur ébloui par les potentialités de l’homme et de la nature.

(SAINT-BRICE 1901 - NEW-YORK 1982)

Né à Saint-Brice-sous-Forêt le 20 février 1901, dans une famille d’artisans estimée, il passa son enfance dans l’Oise, à Hénonville, et son adolescence à Paris où ses parents vinrent s’installer pour ses études. Le Collège moderne Chaptal. Les

René Dubos

concours des Grandes Écoles. L’Institut National Agronomique. À 21 ans, René Dubos a son diplôme d’ingénieur d’agronomie coloniale, mais son état de santé ne lui permet pas de travailler en Indochine comme prévu.

Il obtient un poste de rédacteur à l’Institut International d’Agriculture de Rome, poursuit ses lectures scientifiques et découvre l’intérêt de la microbiologie. Étudier les micro-organismes dans leur environnement devient son objectif. Un voyage aux U.S.A., des rencontres opportunes orientent son existence.
Il devient assistant chercheur dans le New-Jersey, à l’université Rutgers, passe une thèse en microbiologie des sols et s’intéresse tout particulièrement aux interactions des micro-systèmes entre eux et leur environnement.

La rencontre du professeur Oswald T. Avery le conduisit à l’Institut Rockefeller où des études poussées se faisaient sur les pneumocoques, bactéries responsables des pneumonies. René Dubos apporta une importante contribution à ces travaux en isolant des enzymes qui permettaient d’obtenir leur destruction. Ces découvertes de 1927-1930 ouvrirent la voie aux futurs antibiotiques.

En 1938, il retira d’un micro-organisme qu’il venait d’isoler une substance anti-bactérienne : la tyrothricine qui contenait la tyrocidine et la gramicidine. En 1939, la gramicidine fut le premier antibiotique utilisé en médecine à être commercialisé. Le travail de Dubos relança les recherches sur l’intérêt du penicillium qui aboutirent en 1940 à la découverte de la pénicilline. En 1942, la streptomycine vit le jour. Dans la distribution des prix Nobel pour ces résultats si importants dans la lutte anti-bactérienne, le professeur René Dubos, si généreux de son savoir, si modeste devant ses découvertes, fut totalement et injustement oublié.

Les études des micro-organismes et de leurs comportements conduisent René Dubos à une réflexion sur les facultés d’adaptation des êtres vivants, des micro-systèmes à l’homme, sur leurs interactions créatives, sur l’importance de l’environnement. Il souligne tout particulièrement le rôle de l’environnement dans le déclenchement de troubles et de maladies. Il envisage les adaptations de fortune qui sont des solutions à court terme mais laissent envisager des handicaps divers à long terme. C’est un signal d’alarme qu’il tire très tôt.

La vie de René Dubos se déroula entre ses recherches à l’Institut Rockefeller, les communications de ses travaux, les conférences et les ouvrages d’information sur les relations entre les hommes et leur environnement, sur les incertitudes de la santé dans un monde en perpétuelle transformation, sur la nécessité de développer sa propre individualité pour apporter à tous sa contribution.

Dès les années 50, René Dubos s’orienta vers l’écologie de la planète. S’il s’inquiétait de désastres prévisibles, il gardait toujours par volonté son optimisme en se fiant aux capacités d’adaptation de l’homme et aux puissances de récupération de la nature. Il posait souvent le problème d’une urbanisation harmonieuse tournée vers l’épanouissement de l’homme en relation avec la nature, sur cette planète Terre qu’il aimait tant et n’a cessé d’étudier.
Il mourut à New-York en 1982, le jour de son anniversaire, en écoutant du chant grégorien et les cloches de l'Île-de-France.

Selon son principe que l’homme se construit et révèle ses potentialités à travers les expériences de sa vie, l’enfant d’Île-de-France, l’agronome, l’Américain de Manhattan, le microbiologiste façonnèrent René Dubos, l’humaniste soucieux de célébrer et de défendre la vie dans sa richesse et sa diversité.

Texte rédigé par Monique Borde-Germain, Les Amis du vieux Saint-Brice

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