Lise Deharme
Lise Meyer-Deharme (1901-1980) était une poétesse, romancière, égérie de la vie littéraire et artistique.
Anne-Marie Hirtz, connue sous le nom de Lise Deharme, est née à
Paris en 1901 et y est décédée en 1980.
Très jeune, Lise fréquente les écrivains et les artistes. Elle est
elle-même une lectrice passionnée et deviendra une véritable
érudite.
Ses parents lui font donation de la Tour de Nézant à Saint-Brice
vers 1926. C’est l’une de ses maisons préférées, et
elle y séjourne régulièrement jusqu’en 1938, date où la
maison est acquise par Henri Jeanson.
Elle rejoint le groupe des écrivains et artistes surréalistes, qui
ont eu à Saint-Brice une antenne (Maison Eluard). Elle est
l’une des muses, la Najda, d’André Breton. Elle est
très proche de Paul Eluard, de Louis Aragon, d’Elsa
Triolet.
Épouse de Paul Deharme, directeur publicitaire de la station
Radio-Cité, avant-guerre, elle écrit de nombreux poèmes (Le
Cœur de Pic), et a créé une Revue littéraire, le Phare de
Neuilly.
Elle participe à toute la vie parisienne, des années 20 aux années
70, fréquente et reçoit à Paris et à Saint-Brice toutes les
personnalités qui comptent dans le monde de la culture, comme le
peintre Pablo Picasso, la photographe Dora Maar, le sculpteur
Alberto Giacometti, les acteurs et metteurs Jean-Louis Barrault et
Madeleine Renaud, la chanteuse Marianne Oswald, une amie proche, le
cinéaste René Clair, le romancier André Malraux, les peintres
Salvador Dali et Balthus, la poétesse Rosemonde Gérard, le poète
Maurice Rostand, et bien d’autres. Elle est liée d’une
grande amitié avec Marie-Laure de Noailles et avec Valentine Hugo.
Elle organise rencontres, dîners, conférences.
Elle est une des premières femmes « médiatiques ». Elle contribue
puissamment et brillamment au développement de la vie
intellectuelle et artistique française. Elle est une amie intime de
Jean Cocteau, parrain de son fils Tristan. Elle découvre et
encourage les talents, elle soutient les génies fragiles de
l’art naïf, comme Séraphine à Senlis et Benquet à
Montfort-en-Chalosse.
Pendant la guerre, malgré la traque et des déménagements
incessants, elle participe au Comité national des écrivains, avec
Eluard, Paulhan, Edith Thomas. Avec son troisième mari, elle
s’implique dans le réseau de Maurice Courbet. Elle aide au
sauvetage d’enfants juifs menacés.
Après-guerre, sa production littéraire augmente, notamment avec de
nombreux romans, dont l’un, La Porte à côté, obtient le Prix
Sainte-Beuve en 1949. Elle s’associe à Breton, Tardieu et
Gracq pour écrire Farouche à quatre Feuilles. Elle crée un ballet,
Paris-Magie, inspiré par Cocteau dans l’esprit surréaliste.
Elle contribue à diverses revues, à l’organisation de
multiples manifestations. Elle adhère à des mouvements
féministes.
De nos jours, ses poèmes pour enfants sont toujours enseignés dans
les écoles. Son œuvre et ses engagements méritent
d’être redécouverts par un vaste public.