Félia LitvineUne brillante cantatrice. Une carrière consacrée tout entière au service des grandes œuvres, à la défense désintéressée des nobles causes.
Après des saisons passées à Lisbonne et à Nice, Félia Litvine faisait à Paris une rentrée chaleureusement fêtée, en interprétant le rôle d’Isolde aux superbes représentations de Tristan et Isolde données en 1899 au Théâtre de la rue Blanche par Charles Lamoureux. En 1902, elle créait le rôle de Brünnhilde du Crépuscule des Dieux, et reprenait celui d’Isolde aux soirées wagnériennes organisées au théâtre du Château-d’Eau par M. Alfred Cortot. Plus tard, elle chantait Alceste à l’Opéra-Comique, les Troyens à Orange, Parsifal à Amsterdam, l’Ancêtre et Déjanire de Saint-Saëns, à Monte Carlo, sans renoncer aux tournées régulières en Russie, en Amérique du Sud. Félia Litvine séjourna à Saint-Brice en 1906 et 1907, au Pavillon Colombe, qui s’appelait à l’époque, la Villa Jean-Marie. Elle avait loué cette propriété pour les trois mois d’été. Elle aurait « voulu posséder ce petit paradis », écrit-elle dans ses Mémoires. Elle s’amusait à y faire de la peinture, tout en travaillant ses rôles pour l’opéra. Malgré un talent exceptionnel, une consécration mondiale, le
titre de soliste de sa Majesté le Tsar accordé très tôt, Félia
Litvine connut un destin tragique. La Révolution russe, la Guerre
de 1914-1918, des charges familiales très lourdes, une extrême
générosité face aux plus démunis lui vaudront une fin de vie très
difficile au Cercle familial d’Auteuil. Elle mourut en 1935.
Ses archives disparaîtront et elle tombera même dans un certain
oubli, elle qui fut une des plus grandes Isolde et surtout la plus
grande Alceste de tous les temps. |
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