Henri Jeanson

Paris, 1900 - Equemauville, près de Honfleur, 1970.

Journaliste, critique de cinéma et de télévision, dialoguiste, scénariste, il fut aussi le polémiste le plus redouté de son époque, un grand tribun du pacifisme et un ardent défenseur de la liberté d’expression.


Il a épousé en premières noces Marion Delbo, comédienne et romancière. Ils ont emménagé à Saint-Brice-sous-Forêt, à la Tour de Nézant. Il divorce en 1939 pour épouser Claude Marcy, une autre comédienne, parolière et romancière.

Ses Mémoires, 70 Ans d’Adolescence, pétries de lucidité, de sincérité et d’humanisme, livrent d’abondants renseignements sur l’homme.

Le journaliste a travaillé pour La Bataille, Le Journal du Peuple, Les Hommes du Jour, Cinémonde, le Crapouillot, Combat, L’Aurore, et de façon quasi continue pour le « Canard enchaîné », participant pleinement à la vie politique et intellectuelle de son époque.

Il fut un membre éminent de l’Académie de l’Humour, de l’Académie Rabelais et du Collège de Pataphysique.

Le pacifiste résolu a réclamé hautement la cessation des hostilités au début de la guerre. Arrêté à trois reprises, il a été l’éphémère rédacteur en chef du journal Aujourd’hui, en juin 1940, dont il démissionne rapidement pour marquer son désaccord avec la politique antisémite et collaborationniste mise en œuvre. Il entre alors en clandestinité, travaillant dans l’ombre jusqu’en 1944 à rédiger des articles anonymes subversifs et à poursuivre son intense travail d’écriture de scénarios et de dialogues de films.

Henri Jeanson restera dans l’histoire comme le plus grand de nos dialoguistes et scénaristes de cinéma du XX ème siècle.

On le cite souvent pour la justesse de son style et de son humour :
Atmosphère ? Vous avez dit « atmosphère ? (Hôtel du Nord)
Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme ; et le marxisme, c’est le contraire.

Mais on peut également le citer pour la justesse et la clarté de ses aphorismes :
Je ne suis pas sceptique. Je ne crois à rien, mais j’y crois fermement...
Pour nous, un poète est un monsieur qui s’efforce de saisir l’eau par poignées. C’est seulement quand il y parvient que le monsieur est un poète.

Jeanson a écrit les scénarios et dialogues de quarante-trois films français, parmi lesquels :
La Dame de chez Maxim’s (1932), Pépé le Moko (1937), Un Carnet de Bal (1937), Naples au Baiser de feu (1938), Entrée des Artistes (1938), Fanfan la Tulipe (1952), Madame Du Barry (1954), La Vache et le Prisonnier (1957).

Œuvres auxquelles Jeanson a contribué (dialoguiste, scénariste ou les deux) :
1932 : Le Jugement de minuit
1932 : La Dame de chez Maxim’s
1933 : Mariage à responsabilité limité
1933 : Bach millionnaire
1933 : The Merry Monarch
1933 : Die Abenteuer des Königs Pausole
1933 : Les Aventures du roi Pausole
1934 : Marchand d’amour
1936 : Les Amants traqués
1936 : Mister Flow
1937 : Pépé le Moko
1937 : Cargaison blanche
1937 : Un carnet de bal
1937 : Les Rois du sport
1937 : Le Patriote
1938 : Naples au baiser du feu
1938 : Prison sans barreaux
1938 : Entrée des artistes
1938 : Tarakanowa
1938 : Le Drame de Shanghaï
1938 : Hôtel du Nord
1946 : Un Revenant
1946 : Copie conforme
1947 : Les Maudits
1950 : Lady Paname (également réalisateur)
1950 : Pour l’amour du ciel
1952 : Fanfan la Tulipe
1952 : La Minute de vérité
1952 : La Fête à Henriette
1954 : Madame du Barry
1957 : Pot-Bouille
1957 : Le Diable et les Dix Commandements
1957 : Montparnasse 19
1957 : La Vache et le Prisonnier
1959 : Marie-Octobre
1961 : Le crime ne paie pas - sketch L’Affaire Hugues
1962 : Le Diable et les Dix Commandements - sketches Père et mère tu honoreras, Tu ne mentiras point, Tu ne jureras point
1964 : Le Repas des fauves
1965 : Le Majordome
1965 : Pas de caviar pour tante Olga
1966 : Paris au mois d’août
1966 : Le Saint prend l’affût
1967 : L’Homme à la Buick


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