Gare au retour des chenilles processionnaires

Publié le 10 avril 2019 - Mis à jour le 11 avril 2019

Ces dernières années, des épisodes de prolifération des populations de chenilles processionnaires du pin et du chêne ont été observés dans la région. Ces chenilles aux poils urticants peuvent occasionner des réactions cutanées, oculaires ou encore des difficultés respiratoires.

La biologie des chenilles et les fronts de migration

Les chenilles urticantes présentes en Ile-de-France depuis quelques années sont les chenilles processionnaires du chêne et du pin. Ce sont des chenilles grégaires qui forment des processions quand elles se déplacent après leur éclosion.

Ces deux chenilles appartiennent à deux espèces bien distinctes : elles n’ont ni le même cycle biologique ni la même répartition géographique sur la région Ile-de-France.

La chenille processionnaire du pin devient urticante à partir de novembre à mars, voire avril selon les années, alors que les chenilles processionnaires du chêne présentent des propriétés urticantes de mai à juillet.

Leur répartition géographique est également différente : la chenille processionnaire du pin est présente sur les ¾ sud du territoire national et son front de migration remonte chaque année de quelques kilomètres vers le nord. La chenille processionnaire du chêne est essentiellement retrouvée sur le quart nord-est de la France par foyers restreints.

© photo : FREDON IDF

Les conséquences sur la santé

Il faut considérer ici les conséquences sur la santé des populations, sur la santé des professionnels des espaces verts et sur la santé des animaux.

Les effets sur la santé humaine sont liés à une exposition aux poils urticants et allergisants. Chaque chenille possède des poils microscopiques extrêmement volatiles. Ces poils urticants peuvent être transportés sur de longues distances et atteindre les populations. Des réactions allergiques, des démangeaisons très vives, conjonctivites, toux irritatives et parfois des troubles graves, comme des œdèmes, peuvent survenir lorsque les poils entrent en contact avec la peau et les muqueuses. Il est important de signaler que la survenue d’effets sanitaires n’implique pas nécessairement un contact direct avec les chenilles puisque les poils peuvent être emportés par le vent. En période de prolifération de chenilles processionnaires, on peut observer un grand nombre de consultations chez les médecins généralistes, les pharmaciens, aux services d’urgence.

Les personnes précédemment atteintes par la chenille processionnaire doivent éviter tout nouveau contact, des réactions plus sévères sont à craindre. Ceci est particulièrement important pour les personnes qui, de par leur profession, fréquentent régulièrement des lieux infestés.

L’ingurgitation de ces chenilles par les animaux peut provoquer des nécroses des muqueuses (langue) et des lésions oculaires.

Les recommandations

La vigilance est donc de mise et il est important d’éviter tout contact avec les chenilles, leur nid et les zones à proximité des arbres infestés.

Pour limiter votre exposition aux poils urticants, plusieurs mesures de précautions et de prévention s’imposent :

  • ne pas les manipuler ni les toucher, porter des vêtements couvrants, éviter de se frotter les yeux
  • ne pas faire sécher le linge en extérieur
  • laver soigneusement les fruits et légumes du jardin
  • arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils urticants soient entraînés dans le sol
  • ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre atteint. Les munir de vêtements à longues manches, de pantalons, d'un couvre-chef et éventuellement de lunettes.

Il est recommandé de consulter un médecin car certaines réactions allergiques peuvent être violentes.

Infos pratiques

Cette page a-t-elle répondu à vos attentes ?