Une conférence sur le portrait dans l’art urbain

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Illustration principale© Maca

Publié le 01 avril 2026 - Mis à jour le 02 avril 2026

Longtemps réservé aux élites et aux musées, le portrait connaît aujourd’hui une nouvelle vie dans la rue avec le street art. Cyrille Gouyette nous montrera, à partir d’œuvres emblématiques de l’histoire de l’art, comment les artistes urbains s’approprient l’art du portrait.

Centre culturel et sportif Lionel Terray

12 rue Pasteur
95350 Saint-Brice-sous-Forêt

Hors vacances scolaires :
• Du lundi au vendredi
8 h 30 – 12 h et 13 h 30 – 22 h
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8 h 30 – 12 h et 13 h 30 – 19 h
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Fermé

Vacances scolaires :
• Du lundi au vendredi
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• Samedi et dimanche
Fermé

Tél : 01 39 33 01 89

Contacter par email Centre culturel et sportif Lionel Terray

Historien de l’art, auteur de nombreux ouvrages et commissaire d’exposition, Cyrille Gouyette s’intéresse depuis plusieurs années à un terrain d’expression bien particulier : le street art.

Ce passionné a étendu ses recherches aux relations entre le street art et le patrimoine classique, mettant en lumière des filiations inattendues entre les maîtres anciens et les artistes urbains contemporains. Ce dialogue entre passé et présent est au cœur du travail de Cyrille Gouyette.

Lors de cette conférence, qui se tiendra le samedi 11 avril à 15 heures au centre culturel Lionel Terray, il décryptera la manière dont ces derniers s’approprient et détournent les codes du portrait classique.

De la toile à la rue : une révolution du regard

Offrant un miroir à la société, l’art du portrait a élaboré ses codes et ses modes au fil des siècles. Considéré, en Occident, comme un genre à part entière, il a connu avec la photographie une profonde remise en question. Adulé puis abandonné, c’est dans la rue qu’il retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesse grâce à l’art urbain.

Longtemps apanage d’une élite sociale, conservé dans l’écrin des demeures puis des musées, il s’exhibe à présent au grand jour et à la vue de tous. Dans la rue, le portrait change de statut : il n’est plus réservé à quelques-uns, il devient accessible à tous. Il s’affiche en grand format, dialogue avec l’architecture et s’adresse directement aux passants. 

Dorénavant, les artistes urbains s’émancipent des commanditaires de naguère pour choisir leurs modèles. Qu’ils reprennent des figures célèbres ou fabriquent de nouvelles icônes, ils régénèrent le genre du portrait dont ils épousent et bousculent les techniques comme les codes.

Les artistes urbains vont chercher les anonymes, les héros de quartier, les figures locales... Une tendance propre au street art. Cela peut être pour leur rendre hommage à la suite de leur mort comme Georges Floyd ou Mahsa Amini ou, à l’inverse, pour les magnifier comme Gisèle Pelicot.

Citation de Cyrille Gouyette, conférencier

Cyrille Gouyette explique : « Le portrait, c’est un genre très accessible et populaire. Les artistes urbains s’approprient l’image de célébrités, de figures populaires comme Marylin Monroe, Charlie Chaplin ou encore de figures mythiques du football telles que Diego Maradona. On trouve ainsi des personnages qui traversent les époques, depuis le XXe siècle. À l’inverse, les artistes urbains vont chercher les anonymes, les héros de quartier, les figures locales... Une tendance propre au street art. Cela peut être un sdf ou une personnalité très humble, implantée depuis longtemps dans le quartier, un bénévole d’association, par exemple. Le street art vibre avec l’actualité. Il y a une réactivité très importante des artistes pour célébrer ces anonymes devenus des icônes mondiales. Cela peut être pour leur rendre hommage à la suite de leur mort comme Georges Floyd ou Mahsa Amini ou, à l’inverse, pour les magnifier comme Gisèle Pelicot ».

Le portrait, un miroir puissant de notre époque

Les artistes urbains se sont emparés du portrait pour en faire un terrain d’expérimentation. Certains, comme JR, placardent des visages monumentaux dans l’espace public, transformant anonymes en icônes visibles de tous.

D’autres comme, Vhils, sculptent littéralement les visages dans les murs, creusant la matière pour faire émerger l’image.

Quant à Shepard Fairey (Obey), il joue avec les codes de la propagande et du graphisme pour créer des portraits engagés et immédiatement reconnaissables. En 2008, il crée l'affiche de soutien à la campagne présidentielle de Barack Obama, œuvre désormais mondialement connue.

Quant à C215, qui travaille au pochoir avec des couleurs vives, il a réalisé de nombreux portraits. On peut citer notamment celui de Gisèle Halimi lors de son entrée au Panthéon, situé face au Palais de justice où elle s'est illustrée. 
Plus près d’ici, à Sarcelles, dans le cadre de « 100 murs pour la Jeunesse », l’artiste a choisi de réaliser le portrait de 27 enfants sur le mur d’une école. Ils portent tous un bonnet phrygien et le mot LAICITE a été ajouté à la devise nationale. Quant à Jef Aérosol, sa fresque sur la bibliothèque municipale, en mémoire d’Aimé Césaire et à Jean-Pierre Passé-Coutrin, une figure locale décédée en 2016.

Le portrait urbain apparaît ainsi comme un miroir puissant de notre époque : il donne à voir des visages oubliés, questionne les identités et interroge notre rapport à l’image.

À travers sa conférence, Cyrille Gouyette nous invite à regarder autrement ces figures qui peuplent nos villes — non plus comme de simples images, mais comme les témoins d’une époque en mouvement.

Infos pratiques

Samedi 11 avril à 15 h
Centre culturel Lionel Terray
Réservations au 01 39 33 01 85 ou par mail à secretariat-culturelsaintbrice95fr ou en ligne

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