Hippolyte-Louis Guérin

Publié le 23 juillet 2019 - Mis à jour le 07 septembre 2019

Libraire-Imprimeur parisien qui posséda une maison de campagne à Saint-Brice au XVIIIè siècle (aujourd’hui : 95 rue de Paris)

95 rue de Paris

95 rue de Paris
95350 Saint-Brice-sous-Forêt

Hippolyte-Louis Guérin, fils aîné du libraire Louis Guérin, obtient son brevet de libraire en 1718 et son brevet d’imprimeur en 1752. Il a épousé une fille de libraire : Melle Osmont, fille de Charles II Osmont.

En cours de travaux

La maison de campagne d’Hippolyte-Louis Guérin, située au 95 rue de Paris aujourd’hui, est actuellement en rénovation.

Une affaire de famille

Il travaille pendant trente ans avec son frère cadet Jacques Guérin, rue Saint-Jacques, qui décède en 1752. Cette année-là, sa fille, Catherine-Françoise, épouse Louis-François Delatour (ce dernier a été reçu libraire en 1745 puis imprimeur en 1750). Louis-François Delatour rachète la même année une imprimerie, située aussi rue Saint-Jacques. Hippolyte-Louis Guérin et Louis-François Delatour vont ainsi travailler ensemble de 1752 à 1765. Ce sont les fournisseurs attitrés à Paris de la Bibliothèque de Genève.

Son gendre devient secrétaire du Roi

À la mort de Hippolyte-Louis Guérin en 1765, Louis-François Delatour poursuit son activité jusqu’en 1778. Il se démet alors de ses fonctions pour devenir, en 1779, secrétaire du Roi. Il est rédacteur de catalogues de bibliothèques. Il est aussi l’auteur de « Petites Nouvelles parisiennes » et en 1803 d’un « Essai sur l’architecture des Chinois ».

La place du libraire au XVIIIe siècle

Le libraire n’est pas seulement un détaillant mais aussi un fabricant et un distributeur de livres, de périodiques, de libelles et d’almanachs. Il remplit donc les fonctions d’éditeur et de diffuseur. Il peut être aussi imprimeur. Les publications sont soumises au contrôle du Bureau de la librairie qui, sur avis d’un censeur choisi, accorde ses autorisations sous forme de privilèges écrits ou sous forme d’accords tacites. Les boutiques des libraires et les ateliers d’imprimerie tiennent une place importante dans les lieux de sociabilité. Ils participent à la vie intellectuelle de leur ville et par leurs réseaux, en particulier à Genève, à Amsterdam, à Bâle, à la vie intellectuelle de l’Europe savante.

Des liens étroits avec Jean-Jacques Rousseau

Hippolyte-Louis Guérin eut des liens étroits avec Jean-Jacques Rousseau, surtout quand le philosophe choisit de vivre à Montmorency, loin des tracas de l’agitation parisienne, entre 1757 et 1762, date à laquelle l’écrivain fut décrété de prise de corps, après la publication de son ouvrage l’Emile ou de l’Éducation. Rousseau et Guérin se rencontraient soit à Montmorency, soit à Saint-Brice, comme l’évoque la lettre qui suit.

À Monsieur/Monsieur Guérin Libraire/ À Paris

A Montmorenci le 10 janvr 1760

(...) Bon jour, Monsieur, il me tarde de voir revenir la belle saison ; j’espère qu’elle vous ramènera souvent à St Brice, et que je vous y verrai quelque fois. Recevez en attendant les assurances de ma reconnaissance pour vos bontés, et de mon respect pour vous.

 

Citation de Jean-Jacques Rousseau

Ou encore cet extrait des Confessions : « J’avais au même village de Saint-Brice, le libraire Guérin, l’homme d’esprit, lettré, aimable, et de la haute volée dans son état. »

Jean-Jacques Rousseau suit de près l’édition de ses livres. Il est très au fait des problèmes qui se posent tant pour la transmission et la sauvegarde des manuscrits, le choix des caractères et du papier pour l’impression, le choix des passages à illustrer par de bons illustrateurs, la diffusion de l’ouvrage, l’existence tant en France qu’à l’étranger, juste à la périphérie (Belgique, Suisse, Hollande,) du système organisé de contrefacteurs et de transporteurs-contrebandiers du livre. Cette attitude explique l’importance des échanges qu’il y eut entre Rousseau et ses divers éditeurs, en particulier Hippolyte-Louis Guérin qui maintenait des relations étroites avec des confrères et amis installés à Amsterdam et chargés directement de la première édition des ouvrages du philosophe, comme Jean Néaulme ou Marc-Michel Rey.

Le moraliste et librettiste Jean-François Marmontel évoque aussi la richesse de la bibliothèque personnelle d’Hippolyte-Louis Guérin dont il pouvait consulter les ouvrages lors d’un assez long séjour qu’il fit lui aussi à Saint-Brice.

Texte rédigé en collaboration avec l’association Les Amis du vieux Saint-Brice

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