La guerre de 14-18 à l’honneur pour les Journées du patrimoine

Publié le 03 septembre 2018

À l’occasion des journées du patrimoine les 15 et 16 septembre, deux expositions sont consacrées à la Grande Guerre ce mois-ci. La rédaction en profite pour vous raconter l’histoire rocambolesque du monument aux morts.

Un projet porté par toute une équipe

« Apprendre autrement » redéfinit les espaces scolaires, utilise du mobilier modulable et les nouvelles technologies numériques au service d’une pédagogie active, d’un climat scolaire plus serein et l’acquisition de nouvelles compétences comme la coopération.

Le projet du collège de Nézant a été porté par la direction et plusieurs enseignants. « Avec mon adjoint, Alexandre Merra, nous avons soutenu et intégré l’équipe projet aux côtés des professeurs (M. Betscoun en SVT, Mmes Choug et Guill en anglais et Mme Heuveline en histoire-géographie). Une véritable émulation a vu le jour autour de cet objectif. Nous avons défendu notre projet devant le jury du concours du Conseil départemental, et il est arrivé à la première place », indique Laurence Mouret, principale du collège de Nézant. À la clef, une subvention de 60 000 euros qui permet à l’établissement d’être doté de nouveaux équipements : deux salles de classes avec du mobilier modulable et de trente-deux iPad. En juin, quinze professeurs de l’établissement ont participé à une formation sur les usages pédagogiques du numérique pour intégrer le projet et enseigner autrement dans ces classes d’une nouvelle ère !

Mutualiser ses connaissances

Développer l’autonomie des élèves à travers les cinq compétences langagières est une priorité pour Raja Choug et Anna Guill, professeurs d’anglais. En variant les supports, elles ont proposé aux élèves d’étudier des affiches anglo-saxonnes de propagande de guerre. Les élèves ont réalisé des tâches complexes en créant notamment des capsules vidéo et un audio guide dans lesquels ils jouaient le rôle d'un expert en affiche de propagande. Ils sont ainsi capables dans cet exercice de présenter et d’analyser de manière méthodique une affiche, en réinvestissant leurs connaissances acquises en anglais, tout en transférant celles acquises dans les autres disciplines concernées.

L'utilisation de ressources numériques apporte une réelle plus-value : « J'ai pu constater un changement de posture des élèves. Ils étaient actifs et n’avaient pas l’impression de travailler. Motivés et investis, leurs productions étaient réfléchies et abouties. De plus, en faisant un petit sondage sur cet expérience, les élèves ont indiqué qu’ils l’étaient d’autant plus lorsqu’ils travaillaient avec le numérique ».

Un accompagnement personnalisé

En ce jour de juin, les élèves sont en séance de révision pour le Diplôme national du brevet (DNB). Pendant deux heures, les modalités de travail varient. La séance commence par un jeu collectif avec l’application Kahoot ! Les élèves répondent aux questions préparées par le professeur, en se servant de la tablette comme boîtier de vote. Ils sont ensuite invités à réviser en binôme avec le logiciel de mémorisation ANKI, qui permet d’individualiser les parcours d’apprentissage. Après avoir revus les contenus, les élèves doivent réaliser un sujet de DNB 2018, proposé aux élèves des centres étrangers. Le professeur est là pour les aider et les guider dans leur méthodologie et prodiguer les derniers conseils avant l’examen final.
Aurélie Heuveline, nous explique comment la classe inversée est aussi utilisée afin de diversifier la pédagogie et de s’adapter à chacun. « Tout au long de l’année, les élèves ont pu apprendre à leur rythme grâce à des capsules vidéo intégrées dans des parcours pédagogiques créés sur la plateforme Eléa. Par conséquent, le travail à la maison est simplifié : la ressource vidéo peut être visionnée plusieurs fois si besoin avant de répondre à un questionnaire qui permet d’évaluer le niveau de compréhension de chaque élève. De cela, je peux ainsi créer des groupes de travail adaptés à leurs besoins. En classe, nous travaillons par compétence et mon rôle est de guider les élèves vers leur acquisition progressive ».

« Plus simple pour assimiler les connaissances », « Moins ennuyant », « Ludique et moderne ».… Chloé et Dhiya, élèves de 3e au collège de Nézant en cette fin de mois de juin, sont unanimes : « Apprendre autrement », ça marche !
Ce projet qui remporte l’adhésion de tous, a été mis en place début 2018 au collège. Il est né d’une réflexion des professeurs « Nous sommes partis du constat qu’il y avait, chez certains élèves, des difficultés de mémorisation et de la passivité en classe par manque d’intérêt et de concret. En les rendant acteurs de leurs apprentissages, les élèves acquièrent des compétences et de la confiance en eux. »
« Apprendre autrement » motive réellement les élèves qui construisent eux-mêmes leurs savoirs en étant guidés par le professeur. « C’est fondamental pour leur réussite ! », précise Aurélie Heuveline, professeur d’histoire-géographie.
La salle, en partie réaménagée, facilite cet enseignement d’un nouveau genre. Au mur, des tableaux collaboratifs sont utilisés pour mettre en commun des idées avant une rédaction. Les élèves ont la possibilité de se déplacer librement dans la salle de cours lorsqu’ils ont besoin de travailler debout ou d’échanger entre eux sur les notions au programme. Ils sont également regroupés par îlots et des tablettes tactiles sont déployées. Une « mise en scène » qui favorise à la fois leur motivation et la compréhension des contenus.

Beaucoup de Saint-Briciens l’ignorent sûrement : le monument aux morts, aujourd’hui installé dans le parc de la mairie, n’a pas toujours trôné là-bas. Selon le magazine municipal de 1986, le monument a été déplacé en 1985 suite à la demande des associations d’anciens combattants. En effet, le monument était auparavant placé dans la cour de l’ancienne mairie, à savoir la banque LCL aujourd’hui. Or, les cérémonies étaient « étriquées » et le public devait rester derrière les grilles fermant l’enceinte. La proximité de la rue de Paris perturbait le déroulement de la manifestation. D’autre part, l’ancienne mairie était, à l’époque, un centre de loisirs. Les enfants jouaient dans la cour, en grimpant parfois sur le monument, ce qui n’était pas sans heurter les habitants.

D’un commun accord, il apparut que l’emplacement idéal serait dans le parc de la mairie actuelle. Cet endroit agréable, réservé aux promenades, voire à la méditation, était digne de recevoir le monument, symbole de l’attachement des habitants de

Saint-Brice au souvenir de ses enfants disparus au cours des terribles moments que furent les périodes de guerres qui se succédèrent depuis 1914.

Le transport et le remontage furent effectués avec le plus grand soin par une entreprise locale et le monument, intact et parfaitement nettoyé, trône désormais au milieu du parc.

La première cérémonie dans le parc de la mairie s’est tenue le 11 novembre 1985.

Pourquoi notre ville a deux monuments aux morts ?

Toujours selon le magazine municipal de 1986, avant même la fin de la guerre, en juin 1918, un crédit était alloué au budget communal pour la construction d’un monument. Paul Theunissen, artiste parisien, sera bientôt désigné pour exécuter cette œuvre qui doit être placée au cimetière. Mais le 10 avril 1920, une pétition signée de 72 habitants met en évidence le souhait de ces derniers à voir ce monument érigé, non pas au cimetière, mais sur la place Gallieni. Au cimetière, on devrait mettre uniquement une pyramide funéraire. Le conseil municipal, par vote, décide de ne pas prendre cette pétition en considération. Revenant à la charge, les habitants se mobilisent et le 1er mai 1920, le conseil municipal étudie la requête de 247 habitants dont 34 noms de familles éprouvées par la perte de l’un des leurs.

Le conseil municipal décide alors que le monument du statuaire Theunissen sera définitivement érigé sur la place de la mairie (l’ancienne mairie) « entre le perron et la grille d’entrée face à la route nationale » et qu’effectivement, on édifierait une pyramide funéraire au cimetière. Ce deuxième travail sera confié à Monsieur Clément, sculpteur-marbrier à Deuil.

Tout ceci coûte cher, très cher… La commune décide, outre ses subventions, d’ouvrir une souscription auprès des habitants. On voit même le conseil municipal décider d’une subvention, peut-être un peu supérieure à celle allouée habituellement à la société dansante de Saint-Brice à condition qu’elle donne deux concerts gratuits avec quête en faveur de l’érection du monument.

Pourtant les travaux n’en finissent pas ! Il faut rappeler deux fois Paul Theunissen à l’ordre pour qu’il veuille bien terminer son travail.

Enfin, la date de la double inauguration est fixée. Ce sera le 8 mai 1921 (en choisissant cette date, y avait-il prémonition… ?). On détermine déjà le détail de la cérémonie. On a lancé les invitations, lu avec plaisir les réponses des diverses personnalités ayant accepté de se rendre à cette manifestation et pourtant tout n’est pas réglé.

Deux expositions à ne pas rater

Le village au temps du conflit armé 14/18

L’association Saint-Brice d’antan vous fera découvrir le quotidien des Saint-Briciens pendant la Grande Guerre.

Pour cela, Françoise Dehayes s’est appuyée sur les textes écrits de la main de la Saint-Bricienne Madeleine Héry (NDLR : Quand j’étais petite fille et du tome IV Saint-Brice au travers de son conseil municipal ).

Vous trouverez aussi des témoignages de militaires qui étaient en convalescence à Saint-Brice. En effet, ces derniers, avant de repartir au front, ont pu écrire et envoyer des cartes postales à leurs familles.

Enfin, l’association a souhaité rendre hommage aux morts pour la France et aux disparus. Ainsi, chacun pourra mettre un nom, un âge, un grade ou encore un lieu sur ces hommes qui se sont battus pour la patrie.

Du 13 au 17 septembre de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, salle de l’Orangerie (place Gallieni)
Rens. au 01 34 19 85 30

Les monuments aux morts et disparus de 14/18

L'association Les Amis du vieux Saint-Brice présente quant à elle une exposition consacrée aux monuments aux morts et disparus de la Guerre 14/18, érigés dans la Communauté d’agglomération Plaine Vallée.

Du 20 au 24 septembre de 9 h 30 à 18 h 30, salle de l’Orangerie
Rens. au 01 39 90 53 77 ou 06 10 15 21 15

Le 3 mai (soit 5 jours avant l’inauguration), le conseil municipal se réunit pour étudier en détail une affaire commencée depuis plusieurs mois : un habitant désirait que le grade de son fils mort pour la France soit indiqué sur les monuments. N’ayant pas gain de cause, celui-ci avait obtenu l’appui de plusieurs personnes (qui se sont vite rétractées ensuite) favorables à cette inscription supplémentaire. Bref, il imposa finalement que le nom de son fils ne figurât pas sur les monuments.

Le conseil municipal, à son grand regret, accepte cette solution tout en réservant une place libre pour ce nom dans le cas où la famille reviendrait sur sa décision.

Mais l’histoire n’était pas finie ! Parallèlement s’était élevée une protestation des paroissiens heurtés par le fait qu’aucun emblème religieux n’était apposé sur le monument du cimetière. Au moment de l’inauguration, la lutte reprit car la majorité du conseil municipal désirait une cérémonie entièrement laïque. Monsieur le curé Borowky envoie une lettre de protestation au préfet, aux sénateurs et aux personnalités qui devaient assister à l’inauguration.

Enfin, la veille de la cérémonie, grâce à l’entremise d’un conseiller d’arrondissement, le maire Désiré Graux accepte qu’à l’issue de la messe de 10 h (célébrée pour les soldats tombés au champ d’honneur), une procession se rende au monument du cimetière.

C’est ainsi que les paroissiens purent assister le matin du 8 mai 1921 à la bénédiction de ce monument.

La cérémonie municipale, en grande pompe, eut lieu, elle, à 14 h en présence de nombreuses personnalités, la fanfare, les enseignants et les enfants des écoles.

On commença par la cérémonie au cimetière avec pas moins de cinq discours puis on revint à la mairie (cinq discours également) et enfin, un vin d’honneur fut ensuite offert à la mairie par le conseil municipal « pendant que la fanfare se faisait entendre et terminait par la Marseillaise ».

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