BD : rencontre avec Guile, illustrateur de comics

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Publié le 18 avril 2019 - Mis à jour le 13 juin 2019

Ce dessinateur animera un atelier, lors de la Cavalcade des jeux, le samedi 25 mai à la ludothèque Bernard Tronchet.

Quel est votre parcours ?
Jedessine depuis tout petit. J’ai quasiment appris à lire avec les comics comme les Spiderman, Strange, Blek ou Dylan Dog qu’on achetait dans les kiosques à journaux à l’époque. Depuis, je n’ai jamais décroché. Je suis un autodidacte. Même si j’ai suivi une école d’arts plastiques à Paris 8, ce n’est malheureusement pas là-bas que j’ai appris à dessiner. J’aurais dû plutôt faire les Beaux-Arts ou les Arts Appliqués… Je n’ai pas lâché l’affaire. C’est un choix de vie. J’ai appris en lisant énormément de BD. Je dessinais des personnages de comics en y mettant ma patte. L’apprentissage est plus long mais plus personnel. Désormais, c’est devenu ma principale source de revenus depuis près de quinze ans.

Comment travaillez-vous ?
À l’ancienne, sur le papier. J’essaie d’apprendre à dessiner avec la tablette, mais je n’ai pas la même patience. Je réalise d’abord des doodles, c’est-à-dire des crayonnés très rapides. J’utilise alors une table lumineuse pour les reprendre. Je réalise aussi l’encrage moi-même. Cette technique consiste à surligner une esquisse à la plume ou au feutre. Il rehausse le contraste et augmente la visibilité. Je les colorise ensuite numériquement avec Photoshop, Illustrator ou encore Gimp. Toutefois, j’aime bien collaborer avec des coloristes professionnels étrangers, dont le niveau est incomparable avec le mien.

Combien de temps vous faut-il pour réaliser une page de BD ?
Il faut compter trois jours. Désormais, je fais des crayonnés très rapides et je dessine à l’encrage. Avant, je réalisais le dessin complètement et je repassais au noir.

Comment va se dérouler l’atelier que vous animerez le 25 mai à la Cavalcade des jeux ?
Cela consistera à créer son propre personnage de comics. Je pourrai leur apporter des conseils sur les angles de vue, les postures d’un personnage, les expressions du visage ou encore des règles d’anatomie. Par exemple, il faut savoir qu’entre les deux yeux, vous avez un espace d’un œil ou que la longueur d’une oreille, c’est la taille de l’œil jusqu’à la ligne du bas du nez. L’atelier commence à 14 h et il est ouvert à partir de l’âge de six ans. Dix places sont disponibles. En cas de grande affluence, il sera possible d’organiser une rotation des dessinateurs en herbe. Je vendrai aussi des illustrations à la demande.

Quel est votre quotidien ?
C’est varié !Je travaille avec des collectivités locales, des entreprises, des associations… Par exemple, pour la maison du patrimoine de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, j’ai créé des personnages pour un jeu de piste dont le but était de mettre en valeur des monuments et j’ai animé deux ateliers pour enfants. Je réalise aussi des cartes de collection appelés sketchcards pour différents éditeurs aux USA. Ce sont des cartes incluses dans des paquets de cartes déjà imprimées. Les miennes sont dessinées à la main. Ce sont en quelque sorte des cartes bonus. Elles sont destinées aux collectionneurs de DC Comics, de Marvel… De toute la pop culture mondiale, en particulier américaine. Je me rends aussi sur différents salons spécialisés, en France (Comic Con Paris, Paris Manga…) ou à l’étranger. Je vais notamment en octobre prochain à la New-York Comic Con comme simple visiteur. En revanche, à la Baltimore Comic Con, j’y serai comme invité pour vendre mes illustrations. Je peux vendre une simple impression. En général, je ne dépasse pas les cinq exemplaires. Mais je peux aussi vendre mes originaux. Là, ce n’est pas du tout le même prix.

Avez-vous déjà réalisé une BD ?
Non, mais j’y pense. J’ai déjà créé mon personnage. Mon projet est une sorte de fusion entre le superhéros et la BD d’horreur. J’y travaille quand j’ai du temps. J’aimerais bien m’autopublier. En effet, je ne suis pas trop d’accord avec les conditions de l’édition en France. On fait 80 % du travail et à la fin on ne touche que 8 %... La plupart des auteurs de BD vivent sous le seuil de pauvreté et rien n’est fait pour améliorer leurs conditions de vie. S’autopublier demande beaucoup de temps car on n’est pas seulement dessinateur et scénariste. On doit aussi diffuser les BD, en faire la pub soi-même, tenir la comptabilité… 

Quels sont vos maîtres ?
Sans hésiter, Olivier Coipel, un dessinateur français que j’ai rencontré lors d’une séance de dédicace et qui, depuis, est devenu un ami. C’est une véritable star dans le milieu. C’est grâce à lui, en quelque sorte, que le film Thor est sorti. C’est lui qui avait relancé ce personnage. Un autre dessinateur : Mike Mignola, le créateur du personnage Hellboy. Il me fascine par ses histoires qui présentent des éléments de folklore, légende, mythologie et d’horreur. Son univers est très créatif. Sa narration est contemplative et très dynamique sur les scènes d’actions. Enfin, Leinil Yu, un artiste de comics philippin. Graphiquement, ça dépote !

Que diriez-vous à une personne hermétique à l’univers des comics ?
Je ne vais forcer personne à aimer les comics ! Toutefois, chacun peut y trouver une histoire qui lui parle. En effet, ils traitent de thèmes universels tels que le racisme, l’exclusion, la famille, le chômage, la religion, la politique… Certes, tout cela avec l’aspect du héros, en costume, avec la notion de combat entre le bien et le mal… ou du combat qu’on peut mener contre soi-même. Le dépassement de soi revient souvent dans les récits. Cela peut être abordé de manière plus ou moins sombre.

Il existe beaucoup de salons et évènements dédiés aux comics.
Oui,c’est vrai. Le prochain évènement aura lieu samedi 4 mai : le Free Comic Book Day (FCBD). Cette grande fête du comics se déroule chaque année le premier samedi du mois de mai. Depuis 2014, elle se tient aussi en France. J’ai réalisé une illustration pour le sketchbook, Mars Attack vs Marvel, qui sera disponible dans plusieurs librairies spécialisées. À Paris, des dessinateurs signeront gratuitement le sketchbook pour le public. À noter que le même jour, se tiendra la journée Star Wars : May the Fourth be with you (Que le 4 mai soit avec vous), pour tous les fans de la saga.
Il y a aussi un autre moment fort dans l’année qui est très suivi par les dessinateurs du monde entier : le Inktober. Le but est de produire une illustration par jour, sur un thème différent à chaque fois. Je l’ai suivi, il y a deux ans, en mettant en scène mon personnage de BD systématiquement. Vous pouvez voir les illustrations sur mon Facebook ou Instagram.

Outre les salons, est-ce qu’il existe d’autres rendez-vous où vous vous retrouvez entre dessinateurs ?
Oui, je co-organise chaque mercredi, à partir de 18 h, à Paris, l’évènement Drink’N’Draw, dans la brasserie Le Métro (60 dd Saint-Germain, dans le 5e, métro Maubert-Mutualité). Il rassemble aussi bien des professionnels que des amateurs, mais aussi juste des personnes qui veulent découvrir cet univers. Le principe est de dessiner sur un thème différent chaque mercredi autour d’un verre, en toute convivialité. On dessine sur place ou en ligne pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer. Vous pouvez ensuite découvrir les illustrations réalisées sur la page Facebook. On propose aussi des Drink’N’Draw cinéma. Dans plusieurs salles de cinéma, à l’occasion de la sortie de films de superhéros, on réalise gratuitement des dessins pour les spectateurs. À l’occasion de la sortie de Hellboy, le 8 mai, nous serons (a priori) au cinéma d’Aquaboulevard la veille, le 7 mai de 18h à 20h.

Infos pratiques

Samedi 25 mai de 14 h à 18 h
Ludothèque Bernard Tronchet
Place Jacques Fosse au centre commercial des Vergers
Rens. et réservation obligatoire au 01 30 18 95 40

Une cavalcade de jeux pour une bonne tranche de rigolade !

Les ludothécaires vous proposeront de multiples jeux en lien avec la BD. Le plus important sera le jeu coopératif d’ambianceLe donjon de Naheulbeuk. Vous devrez relever des défis aussi farfelus que drôles ! Un autre jeu d’ambiance sera proposé : Esquissé. Autrement dit : le téléphone arabe en dessin. Rigolade assurée si vous ne savez pas dessiner ! Vous pourrez vous amuser à deux autres jeux tirés de BD : Okko l’Ere d’Asagiri et Game over. Enfin, si vous êtes amateur d’escape room, testez le jeu de cartes coopératif Unlock. L’énigme vous enverra directement dans le pays du magicien d’Oz ! Séries, albums et livres-jeux seront également à votre disposition. À noter que les tout-petits auront droit à un espace de coloriage de personnages de BD.
Samedi 25 mai de 14 h à 18 h
Tout public
Ludothèque Bernard Tronchet

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