Félia Litvine

Publié le 22 juillet 2019 - Mis à jour le 20 septembre 2019

Brillante cantatrice, Félia Litvinne a loué à Saint-Brice le Pavillon Colombe (rue Edith Wharton) durant les étés 1906 et 1907. Elle s’amusait à y faire de la peinture, tout en travaillant ses rôles pour l’opéra.

Rue Edith Wharton : pavillon Colombe

rue Edith Wharton
95350 Saint-Brice-sous-Forêt

Félia Litvinne est née à Saint-Pétersbourg, en 1860, d’un père russe d’origine allemande et d’une mère franco-canadienne. Elle est venue de bonne heure à Paris.

Elle a été l’élève de Madame Barthe-Banderali, de Pauline Viardot et du célèbre baryton Victor Maurel.

Dès ses débuts au théâtre italien, en 1883, dans Simon Bocanegra et Hernani, sa voix de soprano dramatique puissante, égale, sans trous, a fait sensation.

En 1884, elle créait à Bruxelles la Walkyrie, puis elle entrait en 1885 à l’Opéra pour y chanter les grands rôles du répertoire : les Huguenots, la Juive, l’Africaine. On l’applaudit ensuite au théâtre San Carlo de Naples, à la Scala de Milan, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, où elle créait la Judith de Séroff, à Breslau, à Marseille et à Lyon.

Après des saisons passées à Lisbonne et à Nice, Félia Litvine faisait à Paris une rentrée chaleureusement fêtée, en interprétant le rôle d’Isolde aux superbes représentations de Tristan et Isolde données en 1899 au Théâtre de la rue Blanche par Charles Lamoureux. En 1902, elle créait le rôle de Brünnhilde du Crépuscule des Dieux, et reprenait celui d’Isolde aux soirées wagnériennes organisées au théâtre du Château-d’Eau par Alfred Cortot.

Saint-Saëns - Samson et Dalila - Mon cœur s'ouvre - Félia Litvinne - Alfred Cortot (ca. 1902)

Plus tard, elle chante Alceste, le rôle-titre, à l’Opéra-Comique. Puis, elle participe à la présentation des Troyens à Orange, de Parsifal à Amsterdam, de l’Ancêtre et Déjanire de Saint-Saëns à Monte Carlo, sans renoncer aux tournées régulières en Russie ou en Amérique du Sud.

Saint-Brice, ce petit paradis

Félia Litvine a séjourné à Saint-Brice en 1906 et 1907, au Pavillon Colombe, qui s’appelait à l’époque, la Villa Jean-Marie. Elle avait loué cette propriété pour les trois mois d’été. Elle aurait « voulu posséder ce petit paradis », écrit-elle dans ses Mémoires. Elle s’amusait à y faire de la peinture, tout en travaillant ses rôles pour l’opéra.

Un destin tragique

Malgré un talent exceptionnel, une consécration mondiale, le titre de soliste de sa Majesté le Tsar accordé très tôt, Félia Litvine a connu un destin tragique. La Révolution russe, la Guerre de 1914-1918, des charges familiales très lourdes, une extrême générosité face aux plus démunis lui vaudront une fin de vie très difficile au Cercle familial d’Auteuil. Elle meurt en 1936.

Ses archives disparaîtront et elle tombera même dans un certain oubli, elle qui fut une des plus grandes Isolde et surtout la plus grande Alceste de tous les temps.

Elle reçut le titre de chevalier de la Légion d’honneur en 1927.
 

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